Le mot du pasteur

L’automne de nos coeurs

Doucement, les forêts colorées dévoilent leurs squelettes abstraits. Les feuilles tapissent jaunissantes la terre en mémoire des soleils d’antan. Du haut des cieux, les stratus majestueux plongent sur les villes ; le temps n’est plus, voici, l’automne ! Grisâtre encenseur, il répand ses brumes mélancoliques, avant de s’évaporer doucement dans les silences d’albâtres de l’hiver.

Il est des coeurs parfois, qui comme l’automne, las et moroses, déambulent telles des ombres chrétiennes. Résignées, elles se noient dans les rivières du doute, spleen tragique pour celles qui eurent jadis goûtée à l’allégresse divine.
Mais se peut-il que ces coeurs qui, autrefois rythmés par l’amour du Père, aient cesser brusquement de battre sans raison ? Par quel prodige leurs douces litanies firent place à l’apathie ? Quelle attirance fit taire les apostrophes quotidiennes du livre sacré et de ses célestes strophes ?
Car nul mystère n’habite ces pauvres fantômes, sinon un amour sans mémoire pour le Crucifié. Le temps a freiné leur élan ; leurs chants mutèrent en refrains du néant. Et comme hypnotisés par leurs soupirs accommodant, ces brebis tant aimés s’emmurent lentement dans la geôle sordide du marasme.
Mes frères, voyez fleurir le printemps ! Sous les branches immaculées par la neige poussent, lutteurs opiniâtres, les bourgeons de la vie. Couleurs et fragrances arrosent déjà les champs. Enfin le ramage des oiseaux le matin ressuscite le temps.
Allons debout, célestes enfants ! Ce jour est glorieux. Contre nous murmures et amertumes, mais une croix sanglante s’élève victorieusement. Entendez du haut des cieux. L’Esprit Saint vient jusque dans vos coeurs, chanter la salutaire espérance.
Aux larmes citoyens de Dieu ! Que le sang pur qui vous racheta jadis, abreuve à nouveau vos âmes d’une sainte euphorie. Marchons, oui marchons vers la céleste cité, soldats du Roi des rois. Car au ciel déjà, l’Agneau aux noces nous tend ses bras !
Emmanuel Fischer, pasteur