Bible-Ecclésiaste

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Ecclésiaste

21-ecclesiaste
ecclesiaste
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ECCLESIASTE 1


Ecc. 1.1 Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem.
Ecc. 1.2 Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.
Ecc. 1.3 Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil?
Ecc. 1.4 Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.
Ecc. 1.5 Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau.
Ecc. 1.6 Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.
Ecc. 1.7 Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.
Ecc. 1.8 Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire; l'oeil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.
Ecc. 1.9 Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Ecc. 1.10 S'il est une chose dont on dise: Vois ceci, c'est nouveau! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.
Ecc. 1.11 On ne se souvient pas de ce qui est ancien; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.
Ecc. 1.12 Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem.
Ecc. 1.13 J'ai appliqué mon coeur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c'est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme.
Ecc. 1.14 J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.
Ecc. 1.15 Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.
Ecc. 1.16 J'ai dit en mon coeur: Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science.
Ecc. 1.17 J'ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent.
Ecc. 1.18 Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.

ECCLESIASTE 2


Ecc. 2.1 J'ai dit en mon coeur: Allons! je t'éprouverai par la joie, et tu goûteras le bonheur. Et voici, c'est encore là une vanité.
Ecc. 2.2 J'ai dit du rire: Insensé! et de la joie: A quoi sert-elle?
Ecc. 2.3 Je résolus en mon coeur de livrer ma chair au vin, tandis que mon coeur me conduirait av
Ecc. sagesse, et de m'attacher à la folie jusqu'à ce que je visse ce qu'il est bon pour les fils de l'homme de faire sous les cieux pendant le nombre des jours de leur vie.
Ecc. 2.4 J'exécutai de grands ouvrages: je me bâtis des maisons; je me plantai des vignes;
Ecc. 2.5 je me fis des jardins et des vergers, et j'y plantai des arbres à fruit de toute espèce;
Ecc. 2.6 je me créai des étangs, pour arroser la forêt où croissaient les arbres.
Ecc. 2.7 J'achetai des serviteurs et des servantes, et j'eus leurs enfants nés dans la maison; je possédai des troupeaux de boeufs et de brebis, plus que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem.
Ecc. 2.8 Je m'amassai de l'argent et de l'or, et les richesses des rois et des provinces. Je me procurai des chanteurs et des chanteuses, et les délices des fils de l'homme, des femmes en grand nombre.
Ecc. 2.9 Je devins grand, plus grand que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem. Et même ma sagesse demeura av
Ecc. moi.
Ecc. 2.10 Tout ce que mes yeux avaient désiré, je ne les en ai point privés; je n'ai refusé à mon coeur aucune joie; car mon coeur prenait plaisir à tout mon travail, et c'est la part qui m'en est revenue.
Ecc. 2.11 Puis, j'ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j'avais prise à les exécuter; et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n'y a aucun avantage à tirer de ce qu'on fait sous le soleil.
Ecc. 2.12 Alors j'ai tourné mes regards vers la sagesse, et vers la sottise et la folie. Car que fera l'homme qui succédera au roi? Ce qu'on a déjà fait.
Ecc. 2.13 Et j'ai vu que la sagesse a de l'avantage sur la folie, comme la lumière a de l'avantage sur les ténèbres;
Ecc. 2.14 le sage a ses yeux à la tête, et l'insensé marche dans les ténèbres. Mais j'ai reconnu aussi qu'ils ont l'un et l'autre un même sort.
Ecc. 2.15 Et j'ai dit en mon coeur: J'aurai le même sort que l'insensé; pourquoi donc ai-je été plus sage? Et j'ai dit en mon coeur que c'est encore là une vanité.
Ecc. 2.16 Car la mémoire du sage n'est pas plus éternelle que celle de l'insensé, puisque déjà les jours qui suivent, tout est oublié. Eh quoi! le sage meurt aussi bien que l'insensé!
Ecc. 2.17 Et j'ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m'a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent.
Ecc. 2.18 J'ai haï tout le travail que j'ai fait sous le soleil, et dont je dois laisser la jouissance à l'homme qui me succédera.
Ecc. 2.19 Et qui sait s'il sera sage ou insensé? Cependant il sera maître de tout mon travail, de tout le fruit de ma sagesse sous le soleil. C'est encore là une vanité.
Ecc. 2.20 Et j'en suis venu à livrer mon coeur au désespoir, à cause de tout le travail que j'ai fait sous le soleil.
Ecc. 2.21 Car tel homme a travaillé av
Ecc. sagesse et science et av
Ecc. succès, et il laisse le produit de son travail à un homme qui ne s'en est point occupé. C'est encore là une vanité et un grand mal.
Ecc. 2.22 Que revient-il, en effet, à l'homme de tout son travail et de la préoccupation de son coeur, objet de ses fatigues sous le soleil?
Ecc. 2.23 Tous ses jours ne sont que douleur, et son partage n'est que chagrin; même la nuit son coeur ne repose pas. C'est encore là une vanité.
Ecc. 2.24 Il n'y a de bonheur pour l'homme qu'à manger et à boire, et à faire jouir son âme du bien-être, au milieu de son travail; mais j'ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu.
Ecc. 2.25 Qui, en effet, peut manger et jouir, si ce n'est moi?
Ecc. 2.26 Car il donne à l'homme qui lui est agréable la sagesse, la science et la joie; mais il donne au pécheur le soin de recueillir et d'amasser, afin de donner à celui qui est agréable à Dieu. C'est encore là une vanité et la poursuite du vent.

ECCLESIASTE 3


Ecc. 3.1 Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux:
Ecc. 3.2 un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté;
Ecc. 3.3 un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir;
Ecc. 3.4 un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;
Ecc. 3.5 un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements;
Ecc. 3.6 un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter;
Ecc. 3.7 un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler;
Ecc. 3.8 un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.
Ecc. 3.9 Quel avantage celui qui travaille retire-t-il de sa peine?
Ecc. 3.10 J'ai vu à quelle occupation Dieu soumet les fils de l'homme.
Ecc. 3.11 Il fait toute chose bonne en son temps; même il a mis dans leur coeur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'oeuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin.
Ecc. 3.12 J'ai reconnu qu'il n'y a de bonheur pour eux qu'à se réjouir et à se donner du bien-être pendant leur vie;
Ecc. 3.13 mais que, si un homme mange et boit et jouit du bien-être au milieu de tout son travail, c'est là un don de Dieu.
Ecc. 3.14 J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu'il n'y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu'on le craigne.
Ecc. 3.15 Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été, et Dieu ramène ce qui est passé.
Ecc. 3.16 J'ai encore vu sous le soleil qu'au lieu établi pour juger il y a de la méchanceté, et qu'au lieu établi pour la justice il y a de la méchanceté.
Ecc. 3.17 J'ai dit en mon coeur: Dieu jugera le juste et le méchant; car il y a là un temps pour toute chose et pour toute oeuvre.
Ecc. 3.18 J'ai dit en mon coeur, au sujet des fils de l'homme, que Dieu les éprouverait, et qu'eux-mêmes verraient qu'ils ne sont que des bêtes.
Ecc. 3.19 Car le sort des fils de l'homme et celui de la bête sont pour eux un même sort; comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l'homme sur la bête est nulle; car tout est vanité.
Ecc. 3.20 Tout va dans un même lieu; tout a été fait de la poussière, et tout retourne à la poussière.
Ecc. 3.21 Qui sait si le souffle des fils de l'homme monte en haut, et si le souffle de la bête descend en bas dans la terre?
Ecc. 3.22 Et j'ai vu qu'il n'y a rien de mieux pour l'homme que de se réjouir de ses oeuvres: c'est là sa part. Car qui le fera jouir de ce qui sera après lui?

ECCLESIASTE 4


Ecc. 4.1 J'ai considéré ensuite toutes les oppressions qui se commettent sous le soleil; et voici, les opprimés sont dans les larmes, et personne qui les console! ils sont en butte à la violence de leurs oppresseurs, et personne qui les console!
Ecc. 4.2 Et j'ai trouvé les morts qui sont déjà morts plus heureux que les vivants qui sont encore vivants,
Ecc. 4.3 et plus heureux que les uns et les autres celui qui n'a point encore existé et qui n'a pas vu les mauvaises actions qui se commettent sous le soleil.
Ecc. 4.4 J'ai vu que tout travail et toute habileté dans le travail n'est que jalousie de l'homme à l'égard de son prochain. C'est encore là une vanité et la poursuite du vent.
Ecc. 4.5 L'insensé se croise les mains, et mange sa propre chair.
Ecc. 4.6 Mieux vaut une main pleine av
Ecc. repos, que les deux mains pleines av
Ecc. travail et poursuite du vent.
Ecc. 4.7 J'ai considéré une autre vanité sous le soleil.
Ecc. 4.8 Tel homme est seul et sans personne qui lui tienne de près, il n'a ni fils ni frère, et pourtant son travail n'a point de fin et ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. Pour qui donc est-ce que je travaille, et que je prive mon âme de jouissances? C'est encore là une vanité et une chose mauvaise.
Ecc. 4.9 Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent un bon salaire de leur travail.
Ecc. 4.10 Car, s'ils tombent, l'un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever!
Ecc. 4.11 De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud?
Ecc. 4.12 Et si quelqu'un est plus fort qu'un seul, les deux peuvent lui résister; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement.
Ecc. 4.13 Mieux vaut un enfant pauvre et sage qu'un roi vieux et insensé qui ne sait plus écouter les avis;
Ecc. 4.14 car il peut sortir de prison pour régner, et même être né pauvre dans son royaume.
Ecc. 4.15 J'ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil entourer l'enfant qui devait succéder au roi et régner à sa place.
Ecc. 4.16 Il n'y avait point de fin à tout ce peuple, à tous ceux à la tête desquels il était. Et toutefois, ceux qui viendront après ne se réjouiront pas à son sujet. Car c'est encore là une vanité et la poursuite du vent.
Ecc. 4.17 Prends garde à ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu; approche-toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés, car ils ne savent pas qu'ils font mal.

ECCLESIASTE 5


Ecc. 5.1 Ne te presse pas d'ouvrir la bouche, et que ton coeur ne se hâte pas d'exprimer une parole devant Dieu; car Dieu est au ciel, et toi sur la terre: que tes paroles soient donc peu nombreuses.
Ecc. 5.2 Car, si les songes naissent de la multitude des occupations, la voix de l'insensé se fait entendre dans la multitude des paroles.
Ecc. 5.3 Lorsque tu as fait un voeu à Dieu, ne tarde pas à l'accomplir, car il n'aime pas les insensés: accomplis le voeu que tu as fait.
Ecc. 5.4 Mieux vaut pour toi ne point faire de voeu, que d'en faire un et de ne pas l'accomplir.
Ecc. 5.5 Ne permets pas à ta bouche de faire pécher ta chair, et ne dis pas en présence de l'envoyé que c'est une inadvertance. Pourquoi Dieu s'irriterait-il de tes paroles, et détruirait-il l'ouvrage de tes mains?
Ecc. 5.6 Car, s'il y a des vanités dans la multitude des songes, il y en a aussi dans beaucoup de paroles; c'est pourquoi, crains Dieu.
Ecc. 5.7 Si tu vois dans une province le pauvre opprimé et la violation du droit et de la justice, ne t'en étonne point; car un homme élevé est placé sous la surveillance d'un autre plus élevé, et au-dessus d'eux il en est de plus élevés encore.
Ecc. 5.8 Un avantage pour le pays à tous égards, c'est un roi honoré du pays.
Ecc. 5.9 Celui qui aime l'argent n'est pas rassasié par l'argent, et celui qui aime les richesses n'en profite pas. C'est encore là une vanité.
Ecc. 5.10 Quand le bien abonde, ceux qui le mangent abondent; et quel avantage en revient-il à son possesseur, sinon qu'il le voit de ses yeux?
Ecc. 5.11 Le sommeil du travailleur est doux, qu'il ait peu ou beaucoup à manger; mais le rassasiement du riche ne le laisse pas dormir.
Ecc. 5.12 Il est un mal grave que j'ai vu sous le soleil: des richesses conservées, pour son malheur, par celui qui les possède.
Ecc. 5.13 Ces richesses se perdent par quelque événement fâcheux; il a engendré un fils, et il ne reste rien entre ses mains.
Ecc. 5.14 Comme il est sorti du ventre de sa mère, il s'en retourne nu ainsi qu'il était venu, et pour son travail n'emporte rien qu'il puisse prendre dans sa main.
Ecc. 5.15 C'est encore là un mal grave. Il s'en va comme il était venu; et quel avantage lui revient-il d'avoir travaillé pour du vent?
Ecc. 5.16 De plus, toute sa vie il mange dans les ténèbres, et il a beaucoup de chagrin, de maux et d'irritation.
Ecc. 5.17 Voici ce que j'ai vu: c'est pour l'homme une chose bonne et belle de manger et de boire, et de jouir du bien-être au milieu de tout le travail qu'il fait sous le soleil, pendant le nombre des jours de vie que Dieu lui a donnés; car c'est là sa part.
Ecc. 5.18 Mais, si Dieu a donné à un homme des richesses et des biens, s'il l'a rendu maître d'en manger, d'en prendre sa part, et de se réjouir au milieu de son travail, c'est là un don de Dieu.
Ecc. 5.19 Car il ne se souviendra pas beaucoup des jours de sa vie, parce que Dieu répand la joie dans son coeur.

ECCLESIASTE 6


Ecc. 6.1 Il est un mal que j'ai vu sous le soleil, et qui est fréquent parmi les hommes.
Ecc. 6.2 Il y a tel homme à qui Dieu a donné des richesses, des biens, et de la gloire, et qui ne manque pour son âme de rien de ce qu'il désire, mais que Dieu ne laisse pas maître d'en jouir, car c'est un étranger qui en jouira. C'est là une vanité et un mal grave.
Ecc. 6.3 Quand un homme aurait cent fils, vivrait un grand nombre d'années, et que les jours de ses années se multiplieraient, si son âme ne s'est point rassasiée de bonheur, et si de plus il n'a point de sépulture, je dis qu'un avorton est plus heureux que lui.
Ecc. 6.4 Car il est venu en vain, il s'en va dans les ténèbres, et son nom reste couvert de ténèbres;
Ecc. 6.5 il n'a point vu, il n'a point connu le soleil; il a plus de repos que cet homme.
Ecc. 6.6 Et quand celui-ci vivrait deux fois mille ans, sans jouir du bonheur, tout ne va-t-il pas dans un même lieu?
Ecc. 6.7 Tout le travail de l'homme est pour sa bouche, et cependant ses désirs ne sont jamais satisfaits.
Ecc. 6.8 Car quel avantage le sage a-t-il sur l'insensé? quel avantage a le malheureux qui sait se conduire en présence des vivants?
Ecc. 6.9 Ce que les yeux voient est préférable à l'agitation des désirs: c'est encore là une vanité et la poursuite du vent.
Ecc. 6.10 Ce qui existe a déjà été appelé par son nom; et l'on sait que celui qui est homme ne peut contester av
Ecc. un plus fort que lui.
Ecc. 6.11 S'il y a beaucoup de choses, il y a beaucoup de vanités: quel avantage en revient-il à l'homme?
Ecc. 6.12 Car qui sait ce qui est bon pour l'homme dans la vie, pendant le nombre des jours de sa vie de vanité, qu'il passe comme une ombre? Et qui peut dire à l'homme ce qui sera après lui sous le soleil?

ECCLESIASTE 7


Ecc. 7.1 Une bonne réputation vaut mieux que le bon parfum, et le jour de la mort que le jour de la naissance.
Ecc. 7.2 Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin; car c'est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à coeur.
Ecc. 7.3 Mieux vaut le chagrin que le rire; car av
Ecc. un visage triste le coeur peut être content.
Ecc. 7.4 Le coeur des sages est dans la maison de deuil, et le coeur des insensés dans la maison de joie.
Ecc. 7.5 Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés.
Ecc. 7.6 Car comme le bruit des épines sous la chaudière, ainsi est le rire des insensés. C'est encore là une vanité.
Ecc. 7.7 L'oppression rend insensé le sage, et les présents corrompent le coeur.
Ecc. 7.8 Mieux vaut la fin d'une chose que son commencement; mieux vaut un esprit patient qu'un esprit hautain.
Ecc. 7.9 Ne te hâte pas en ton esprit de t'irriter, car l'irritation repose dans le sein des insensés.
Ecc. 7.10 Ne dis pas: D'où vient que les jours passés étaient meilleurs que ceux ci? Car ce n'est point par sagesse que tu demandes cela.
Ecc. 7.11 La sagesse vaut autant qu'un héritage, et même plus pour ceux qui voient le soleil.
Ecc. 7.12 Car à l'ombre de la sagesse on est abrité comme à l'ombre de l'argent; mais un avantage de la science, c'est que la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent.
Ecc. 7.13 Regarde l'oeuvre de Dieu: qui pourra redresser ce qu'il a courbé?
Ecc. 7.14 Au jour du bonheur, sois heureux, et au jour du malheur, réfléchis: Dieu a fait l'un comme l'autre, afin que l'homme ne découvre en rien ce qui sera après lui.
Ecc. 7.15 J'ai vu tout cela pendant les jours de ma vanité. Il y a tel juste qui périt dans sa justice, et il y a tel méchant qui prolonge son existence dans sa méchanceté.
Ecc. 7.16 Ne sois pas juste à l'excès, et ne te montre pas trop sage: pourquoi te détruirais-tu?
Ecc. 7.17 Ne sois pas méchant à l'excès, et ne sois pas insensé: pourquoi mourrais-tu avant ton temps?
Ecc. 7.18 Il est bon que tu retiennes ceci, et que tu ne négliges point cela; car celui qui craint Dieu échappe à toutes ces choses.
Ecc. 7.19 La sagesse rend le sage plus fort que dix chefs qui sont dans une ville.
Ecc. 7.20 Non, il n'y a sur la terre point d'homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche jamais.
Ecc. 7.21 Ne fais donc pas attention à toutes les paroles qu'on dit, de peur que tu n'entendes ton serviteur te maudire;
Ecc. 7.22 car ton coeur a senti bien des fois que tu as toi-même maudit les autres.
Ecc. 7.23 J'ai éprouvé tout cela par la sagesse. J'ai dit: Je serai sage. Et la sagesse est restée loin de moi.
Ecc. 7.24 Ce qui est loin, ce qui est profond, profond, qui peut l'atteindre?
Ecc. 7.25 Je me suis appliqué dans mon coeur à connaître, à sonder, et à chercher la sagesse et la raison des choses, et à connaître la folie de la méchanceté et la stupidité de la sottise.
Ecc. 7.26 Et j'ai trouvé plus amère que la mort la femme dont le coeur est un piège et un filet, et dont les mains sont des liens; celui qui est agréable à Dieu lui échappe, mais le pécheur est pris par elle.
Ecc. 7.27 Voici ce que j'ai trouvé, dit l'Ecclésiaste, en examinant les choses une à une pour en saisir la raison;
Ecc. 7.28 voici ce que mon âme cherche encore, et que je n'ai point trouvé. J'ai trouvé un homme entre mille; mais je n'ai pas trouvé une femme entre elles toutes.
Ecc. 7.29 Seulement, voici ce que j'ai trouvé, c'est que Dieu a fait les hommes droits; mais ils ont cherché beaucoup de détours.

ECCLESIASTE 8


Ecc. 8.1 Qui est comme le sage, et qui connaît l'explication des choses? La sagesse d'un homme fait briller son visage, et la sévérité de sa face est changée.
Ecc. 8.2 Je te dis: Observe les ordres du roi, et cela à cause du serment fait à Dieu.
Ecc. 8.3 Ne te hâte pas de t'éloigner de lui, et ne persiste pas dans une chose mauvaise: car il peut faire tout ce qui lui plaît,
Ecc. 8.4 parce que la parole du roi est puissante; et qui lui dira: Que fais-tu?
Ecc. 8.5 Celui qui observe le commandement ne connaît point de chose mauvaise, et le coeur du sage connaît le temps et le jugement.
Ecc. 8.6 Car il y a pour toute chose un temps et un jugement, quand le malheur accable l'homme.
Ecc. 8.7 Mais il ne sait point ce qui arrivera, et qui lui dira comment cela arrivera?
Ecc. 8.8 L'homme n'est pas maître de son souffle pour pouvoir le retenir, et il n'a aucune puissance sur le jour de la mort; il n'y a point de délivrance dans ce combat, et la méchanceté ne saurait sauver les méchants.
Ecc. 8.9 J'ai vu tout cela, et j'ai appliqué mon coeur à tout ce qui se fait sous le soleil. Il y a un temps où l'homme domine sur l'homme pour le rendre malheureux.
Ecc. 8.10 Alors j'ai vu des méchants recevoir la sépulture et entrer dans leur repos, et ceux qui avaient agi av
Ecc. droiture s'en aller loin du lieu saint et être oubliés dans la ville. C'est encore là une vanité.
Ecc. 8.11 Parce qu'une sentence contre les mauvaises actions ne s'exécute pas promptement, le coeur des fils de l'homme se remplit en eux du désir de faire le mal.
Ecc. 8.12 Cependant, quoique le pécheur fasse cent fois le mal et qu'il y persévère longtemps, je sais aussi que le bonheur est pour ceux qui craignent Dieu, parce qu'ils ont de la crainte devant lui.
Ecc. 8.13 Mais le bonheur n'est pas pour le méchant, et il ne prolongera point ses jours, pas plus que l'ombre, parce qu'il n'a pas de la crainte devant Dieu.
Ecc. 8.14 Il est une vanité qui a lieu sur la terre: c'est qu'il y a des justes auxquels il arrive selon l'oeuvre des méchants, et des méchants auxquels il arrive selon l'oeuvre des justes. Je dis que c'est encore là une vanité.
Ecc. 8.15 J'ai donc loué la joie, parce qu'il n'y a de bonheur pour l'homme sous le soleil qu'à manger et à boire et à se réjouir; c'est là ce qui doit l'accompagner au milieu de son travail, pendant les jours de vie que Dieu lui donne sous le soleil.
Ecc. 8.16 Lorsque j'ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse et à considérer les choses qui se passent sur la terre, car les yeux de l'homme ne goûtent le sommeil ni jour ni nuit,
Ecc. 8.17 j'ai vu toute l'oeuvre de Dieu, j'ai vu que l'homme ne peut pas trouver ce qui se fait sous le soleil; il a beau se fatiguer à chercher, il ne trouve pas; et même si le sage veut connaître, il ne peut pas trouver.

ECCLESIASTE 9


Ecc. 9.1 Oui, j'ai appliqué mon coeur à tout cela, j'ai fait de tout cela l'objet de mon examen, et j'ai vu que les justes et les sages, et leurs travaux, sont dans la main de Dieu, et l'amour aussi bien que la haine; les hommes ne savent rien: tout est devant eux.
Ecc. 9.2 Tout arrive également à tous; même sort pour le juste et pour le méchant, pour celui qui est bon et pur et pour celui qui est impur, pour celui qui sacrifie et pour celui qui ne sacrifie pas; il en est du bon comme du pécheur, de celui qui jure comme de celui qui craint de jurer.
Ecc. 9.3 Ceci est un mal parmi tout ce qui se fait sous le soleil, c'est qu'il y a pour tous un même sort; aussi le coeur des fils de l'homme est-il plein de méchanceté, et la folie est dans leur coeur pendant leur vie; après quoi, ils vont chez les morts. Car, qui est excepté?
Ecc. 9.4 Pour tous ceux qui vivent il y a de l'espérance; et même un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort.
Ecc. 9.5 Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront; mais les morts ne savent rien, et il n'y a pour eux plus de salaire, puisque leur mémoire est oubliée.
Ecc. 9.6 Et leur amour, et leur haine, et leur envie, ont déjà péri; et ils n'auront plus jamais aucune part à tout ce qui se fait sous le soleil.
Ecc. 9.7 Va, mange av
Ecc. joie ton pain, et bois gaiement ton vin; car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais.
Ecc. 9.8 Qu'en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l'huile ne manque point sur ta tête.
Ecc. 9.9 Jouis de la vie av
Ecc. la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t'a donnés sous le soleil, pendant tous les jours de ta vanité; car c'est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil.
Ecc. 9.10 Tout ce que ta main trouve à faire av
Ecc. ta force, fais-le; car il n'y a ni oeuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas.
Ecc. 9.11 J'ai encore vu sous le soleil que la course n'est point aux agiles ni la guerre aux vaillants, ni le pain aux sages, ni la richesse aux intelligents, ni la faveur aux savants; car tout dépend pour eux du temps et des circonstances.
Ecc. 9.12 L'homme ne connaît pas non plus son heure, pareil aux poissons qui sont pris au filet fatal, et aux oiseaux qui sont pris au piège; comme eux, les fils de l'homme sont enlacés au temps du malheur, lorsqu'il tombe sur eux tout à coup.
Ecc. 9.13 J'ai aussi vu sous le soleil ce trait d'une sagesse qui m'a paru grande.
Ecc. 9.14 Il y avait une petite ville, av
Ecc. peu d'hommes dans son sein; un roi puissant marcha sur elle, l'investit, et éleva contre elle de grands forts.
Ecc. 9.15 Il s'y trouvait un homme pauvre et sage, qui sauva la ville par sa sagesse. Et personne ne s'est souvenu de cet homme pauvre.
Ecc. 9.16 Et j'ai dit: La sagesse vaut mieux que la force. Cependant la sagesse du pauvre est méprisée, et ses paroles ne sont pas écoutées.
Ecc. 9.17 Les paroles des sages tranquillement écoutées valent mieux que les cris de celui qui domine parmi les insensés.
Ecc. 9.18 La sagesse vaut mieux que les instruments de guerre; mais un seul pécheur détruit beaucoup de bien.

ECCLESIASTE 10


Ecc. 10.1 Les mouches mortes infectent et font fermenter l'huile du parfumeur; un peu de folie l'emporte sur la sagesse et sur la gloire.
Ecc. 10.2 Le coeur du sage est à sa droite, et le coeur de l'insensé à sa gauche.
Ecc. 10.3 Quand l'insensé marche dans un chemin, le sens lui manque, et il dit de chacun: Voilà un fou!
Ecc. 10.4 Si l'esprit de celui qui domine s'élève contre toi, ne quitte point ta place; car le calme prévient de grands péchés.
Ecc. 10.5 Il est un mal que j'ai vu sous le soleil, comme une erreur provenant de celui qui gouverne:
Ecc. 10.6 la folie occupe des postes très élevés, et des riches sont assis dans l'abaissement.
Ecc. 10.7 J'ai vu des esclaves sur des chevaux, et des princes marchant sur terre comme des esclaves.
Ecc. 10.8 Celui qui creuse une fosse y tombera, et celui qui renverse une muraille sera mordu par un serpent.
Ecc. 10.9 Celui qui remue des pierres en sera blessé, et celui qui fend du bois en éprouvera du danger.
Ecc. 10.10 S'il a émoussé le fer, et s'il n'en a pas aiguisé le tranchant, il devra redoubler de force; mais la sagesse a l'avantage du succès.
Ecc. 10.11 Si le serpent mord faute d'enchantement, il n'y a point d'avantage pour l'enchanteur.
Ecc. 10.12 Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grâce; mais les lèvres de l'insensé causent sa perte.
Ecc. 10.13 Le commencement des paroles de sa bouche est folie, et la fin de son discours est une méchante folie.
Ecc. 10.14 L'insensé multiplie les paroles. L'homme ne sait point ce qui arrivera, et qui lui dira ce qui sera après lui?
Ecc. 10.15 Le travail de l'insensé le fatigue, parce qu'il ne sait pas aller à la ville.
Ecc. 10.16 Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant, et dont les princes mangent dès le matin!
Ecc. 10.17 Heureux toi, pays dont le roi est de race illustre, et dont les princes mangent au temps convenable, pour soutenir leurs forces, et non pour se livrer à la boisson!
Ecc. 10.18 Quand les mains sont paresseuses, la charpente s'affaisse; et quand les mains sont lâches, la maison a des gouttières.
Ecc. 10.19 On fait des repas pour se divertir, le vin rend la vie joyeuse, et l'argent répond à tout.
Ecc. 10.20 Ne maudis pas le roi, même dans ta pensée, et ne maudis pas le riche dans la chambre où tu couches; car l'oiseau du ciel emporterait ta voix, l'animal ailé publierait tes paroles.

ECCLESIASTE 11


Ecc. 11.1 Jette ton pain sur la face des eaux, car av
Ecc. le temps tu le retrouveras;
Ecc. 11.2 donnes-en une part à sept et même à huit, car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre.
Ecc. 11.3 Quand les nuages sont pleins de pluie, ils la répandent sur la terre; et si un arbre tombe, au midi ou au nord, il reste à la place où il est tombé.
Ecc. 11.4 Celui qui observe le vent ne sèmera point, et celui qui regarde les nuages ne moissonnera point.
Ecc. 11.5 Comme tu ne sais pas quel est le chemin du vent, ni comment se forment les os dans le ventre de la femme enceinte, tu ne connais pas non plus l'oeuvre de Dieu qui fait tout.
Ecc. 11.6 Dès le matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main; car tu ne sais point ce qui réussira, ceci ou cela, ou si l'un et l'autre sont également bons.
Ecc. 11.7 La lumière est douce, et il est agréable aux yeux de voir le soleil.
Ecc. 11.8 Si donc un homme vit beaucoup d'années, qu'il se réjouisse pendant toutes ces années, et qu'il pense aux jours de ténèbres qui seront nombreux; tout ce qui arrivera est vanité.

ECCLESIASTE 12


Ecc. 12.1 Jeune homme, réjouis-toi dans ta jeunesse, livre ton coeur à la joie pendant les jours de ta jeunesse, marche dans les voies de ton coeur et selon les regards de tes yeux; mais sache que pour tout cela Dieu t'appellera en jugement.
Ecc. 12.2 Bannis de ton coeur le chagrin, et éloigne le mal de ton corps; car la jeunesse et l'aurore sont vanité.
Ecc. 12.3 Mais souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s'approchent où tu diras: Je n'y prends point de plaisir;
Ecc. 12.4 avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie,
Ecc. 12.5 temps où les gardiens de la maison tremblent, où les hommes forts se courbent, où celles qui moulent s'arrêtent parce qu'elles sont diminuées, où ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis,
Ecc. 12.6 où les deux battants de la porte se ferment sur la rue quand s'abaisse le bruit de la meule, où l'on se lève au chant de l'oiseau, où s'affaiblissent toutes les filles du chant,
Ecc. 12.7 où l'on redoute ce qui est élevé, où l'on a des terreurs en chemin, où l'amandier fleurit, où la sauterelle devient pesante, et où la câpre n'a plus d'effet, car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues;
Ecc. 12.8 avant que le cordon d'argent se détache, que le vase d'or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne;
Ecc. 12.9 avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné.
Ecc. 12.10 Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, tout est vanité.
Ecc. 12.11 Outre que l'Ecclésiaste fut un sage, il a encore enseigné la science au peuple, et il a examiné, sondé, mis en ordre un grand nombre de sentences.
Ecc. 12.12 L'Ecclésiaste s'est efforcé de trouver des paroles agréables; et ce qui a été écrit av
Ecc. droiture, ce sont des paroles de vérité.
Ecc. 12.13 Les paroles des sages sont comme des aiguillons; et, rassemblées en un recueil, elles sont comme des clous plantés, données par un seul maître.
Ecc. 12.14 Du reste, mon fils, tire instruction de ces choses; on ne finirait pas, si l'on voulait faire un grand nombre de livres, et beaucoup d'étude est une fatigue pour le corps.
Ecc. 12.15 Ecoutons la fin du discours: Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme.
Ecc. 12.16 Car Dieu amènera toute oeuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.
Chapitres : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

ECCLESIASTE 1

Le livre de l'Ecclésiaste. 1:1 Les paroles de l’Ecclésiaste, fils de David, Roi de Jérusalem. 1:2 Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste: vanité des vanités, tout est vanité. 1:3 Quel avantage a l’homme de tout son travail auquel il s’occupe sous le soleil? 1:4 Une génération passe, et l’autre génération vient, mais la terre demeure toujours ferme. 1:5 Le soleil aussi se lève, et le soleil se couche, et il soupire après le lieu, d’où il se lève. 1:6 Le vent va vers le Midi, et tournoie vers l’Aquilon: il va tournoyant çà et là, et il retourne à ses circuits. 1:7 Tous les fleuves vont en la mer, et la mer n’en est point remplie: les fleuves retournent au lieu d’où ils étaient partis, pour revenir en la mer. 1:8 Toutes choses travaillent plus que l’homme ne saurait dire: l’oeil n’est jamais rassasié de voir, ni l’oreille assouvie d’ouïr. 1:9 Ce qui a été, c’est ce qui sera: et ce qui a été fait, est ce qui se fera, et il n’y a rien de nouveau sous le soleil. 1:10 Y a-t-il quelque chose dont on puisse dire: Regarde cela, il est nouveau? car il a déjà été dans les siècles qui ont été avant nous. 1:11 Il n’est point de mémoire des choses qui ont précédé, et il n’en sera point aussi des choses qui seront à l’avenir, il n’en sera point, dis-je, de mémoire parmi ceux qui viendront ci-après. 1:12 Moi l’Ecclésiaste, j’ai été Roi sur Israël à Jérusalem: 1:13 Et j’ai appliqué mon coeur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se faisait sous les cieux, ce qui est une occupation fâcheuse que Dieu a donnée aux hommes, afin qu’ils s’y occupent. 1:14 J’ai regardé tout ce qui se faisait sous le soleil, et voilà tout est vanité, et rongement d’esprit. 1:15 Ce qui est tortu ne se peut redresser: et les défauts ne se peuvent nombrer. 1:16 J’ai parlé en mon coeur, disant: Voici, je me suis agrandi et accru en sagesse, par-dessus tous ceux qui ont été avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science. 1:17 Et j’ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître les sottises et la folie, mais j’ai reconnu que cela aussi était un rongement d’esprit. 1:18 Car où il y a abondance de sagesse, il y a abondance de chagrin: et celui qui s’accroît de la science, s’accroît du chagrin.

ECCLESIASTE 2

2:1 J’ai dit en mon coeur: Or çà, que je t’éprouve maintenant par la joie, et prends du bon temps; et voilà, cela aussi est une vanité. 2:2 J’ai dit touchant le ris: Il est insensé: et touchant la joie, de quoi sert-elle? 2:3 J’ai recherché dans mon coeur le moyen de me traiter délicatement, et de faire que mon coeur s’accoutumât cependant à la sagesse, et qu’il comprît ce que c’est que la folie, jusques à ce que je visse ce qu’il serait bon aux hommes de faire sous les cieux, pendant les jours de leur vie. 2:4 Je me suis fait des choses magnifiques: je me suis bâti des maisons: je me suis planté des vignes. 2:5 Je me suis fait des jardins et des vergers, et j’y ai planté des arbres fruitiers de toutes sortes. 2:6 Je me suis fait des réservoirs d’eaux, pour en arroser le parc planté d’arbres. 2:7 J’ai acquis des hommes et des femmes esclaves; et j’ai eu des esclaves nés en ma maison, et j’ai eu plus de gros et de menu bétail que tous ceux qui ont été avant moi dans Jérusalem. 2:8 Je me suis aussi amassé de l’argent et de l’or, et des plus précieux joyaux qui se trouvent chez les Rois et dans les Provinces: je me suis acquis des chanteurs et des chanteuses, et les délices des hommes, une harmonie d’instruments de musique, même plusieurs harmonies de toutes sortes d’instruments: 2:9 Et je me suis fait grand, et me suis accru plus que tous ceux qui ont été avant moi dans Jérusalem, et ma sagesse est demeurée avec moi. 2:10 Enfin, je n’ai rien refusé à mes yeux de tout ce qu’ils ont demandé, et je n’ai épargné aucune joie à mon coeur, car mon coeur s’est réjoui de tout mon travail: et c’est là tout ce que j’ai eu de tout mon travail. 2:11 Mais ayant considéré toutes mes oeuvres que mes mains avaient faites, et tout le travail auquel je m’étais occupé en les faisant, voilà tout était vanité, et rongement d’esprit; tellement que l’homme n’a aucun avantage de ce qui est sous le soleil. 2:12 Puis je me suis mis à considérer tant la sagesse, que les sottises, et la folie, (or qui est l’homme qui viendrait après le Roi en ce qui a été déjà fait?) 2:13 Et j’ai vu que la sagesse a beaucoup d’avantage sur la folie, comme la lumière a beaucoup d’avantage sur les ténèbres. 2:14 Le sage a ses yeux en sa tête, et le fou marche dans les ténèbres: mais j’ai aussi connu qu’un même accident leur arrive à tous. 2:15 C’est pourquoi j’ai dit en mon coeur: Il m’arrivera comme au fou: de quoi donc me servira-t-il alors d’avoir été plus sage? C’est pourquoi j’ai dit en mon coeur que cela aussi était une vanité. 2:16 Car il ne sera point mémoire à toujours du sage, non plus que du fou: parce que ce qui est maintenant, va être oublié dans les jours qui suivent: et comment le sage meurt-il de même que le fou? 2:17 C’est pourquoi j’ai haï cette vie, à cause que les choses qui se sont faites sous le soleil m’ont déplu; car tout est vanité, et rongement d’esprit. 2:18 J’ai aussi haï tout mon travail, auquel je me suis occupé sous le soleil, parce que je le laisserai à l’homme qui sera après moi. 2:19 Et qui sait s’il sera sage ou fou? cependant il sera maître de tout mon travail, auquel je me suis occupé, et de ce en quoi j’ai été sage sous le soleil: cela aussi est une vanité. 2:20 C’est pourquoi je me suis mis à faire que mon coeur perdît toute espérance de tout le travail auquel je m’étais occupé sous le soleil. 2:21 Car il y a tel homme, dont le travail a été avec sagesse, science, et adresse, qui néanmoins le laisse à celui qui n’y a point travaillé, comme étant sa part: cela aussi est une vanité et un grand mal. 2:22 Car qu’est-ce que l’homme a de tout son travail, et du rongement de son coeur, dont il se travaille sous le soleil? 2:23 Puisque tous ses jours ne sont que douleurs, et son occupation que chagrin: même la nuit son coeur ne repose point: cela aussi est une vanité. 2:24 N’est-ce donc pas un bien pour l’homme de manger, et de boire, et de faire que son âme jouisse du bien dans son travail? j’ai vu aussi que cela vient de la main de Dieu. 2:25 Car qui en mangera, et qui s’en sentira plutôt que moi? 2:26 Parce que Dieu donne à celui qui lui est agréable, de la sagesse, de la science, et de la joie: mais il donne au pécheur de l’occupation à recueillir et à assembler, afin que cela soit donné à celui qui est agréable à Dieu: cela aussi est une vanité, et un rongement d’esprit.

ECCLESIASTE 3

3:1 À toute chose sa saison, et à toute affaire sous les cieux, son temps. 3:2 Temps de naître, et temps de mourir: temps de planter, et temps d’arracher ce qui est planté: 3:3 Temps de tuer, et temps de guérir: temps de démolir, et temps de bâtir. 3:4 Temps de pleurer, et temps de rire: temps de lamenter, et temps de sauter de joie. 3:5 Temps de jeter des pierres, et temps de les ramasser: temps d’embrasser, et temps de s’éloigner des embrassements. 3:6 Temps de chercher, et temps de laisser perdre: temps de garder, et temps de rejeter. 3:7 Temps de déchirer, et temps de coudre: temps de se taire, et temps de parler. 3:8 Temps d’aimer, et temps de haïr: temps de guerre, et temps de paix. 3:9 Quel avantage a celui qui travaille, de ce en quoi il se travaille? 3:10 J’ai considéré cette occupation que Dieu a donnée aux hommes pour s’y appliquer. 3:11 Il a fait que toutes choses sont belles en leur temps: aussi a-t-il mis le monde en leur coeur, sans toutefois que l’homme puisse comprendre d’un bout à l’autre l’oeuvre que Dieu a faite. 3:12 C’est pourquoi j’ai connu qu’il n’y a rien de meilleur aux hommes, que de se réjouir et de bien faire pendant leur vie. 3:13 Et même, que chacun mange et boive, et qu’il jouisse du bien de tout son travail, c’est un don de Dieu. 3:14 J’ai connu que quoi que Dieu fasse, c’est toujours lui-même: on ne saurait qu’y ajouter, ni qu’en diminuer: et Dieu le fait afin qu’on le craigne. 3:15 Ce qui a été, est maintenant: et ce qui doit être, a déjà été: et Dieu rappelle ce qui est passé. 3:16 J’ai encore vu sous le soleil, qu’au lieu établi pour juger, il y a de la méchanceté: et qu’au lieu établi pour faire justice, il y a aussi de la méchanceté. 3:17 Et j’ai dit en mon coeur: Dieu jugera le juste et l’injuste: car il y a là un temps pour toute chose, et sur toute oeuvre. 3:18 J’ai pensé en mon coeur sur l’état des hommes, que Dieu les en éclaircirait, et qu’ils verraient qu’ils ne sont que des bêtes. 3:19 Car l’accident qui arrive aux hommes, et l’accident qui arrive aux bêtes est un même accident: telle qu’est la mort de l’un, telle est la mort de l’autre: et ils ont tous un même souffle, et l’homme n’a point d’avantage sur la bête: car tout est vanité. 3:20 Tout va en un même lieu: tout a été fait de la poudre, et tout retourne en la poudre. 3:21 Qui est-ce qui connaît que le souffle des hommes monte en haut, et que le souffle de la bête descend en bas en terre? 3:22 J’ai donc connu qu’il n’y a rien de meilleur à l’homme que de se réjouir en ce qu’il fait; parce que c’est là sa portion: car qui est-ce qui le ramènera pour voir ce qui sera après lui?

ECCLESIASTE 4

4:1 Puis je me suis mis à regarder toutes les injustices qui se font sous le soleil: et voilà les larmes de ceux à qui on fait tort, et ils n’ont point de consolation: et la force est du côté de ceux qui leur font tort, et ils n’ont point de consolateur. 4:2 C’est pourquoi j’estime plus les morts qui sont déjà morts, que les vivants qui sont encore vivants. 4:3 Même j’estime celui qui n’a pas encore été, plus heureux que les uns et les autres: car il n’a pas vu les mauvaises actions qui se font sous le soleil. 4:4 Puis j’ai regardé tout le travail, et l’adresse de chaque métier, et j’ai vu que l’un porte envie à l’autre: cela aussi est une vanité, et un rongement d’esprit. 4:5 Le fou tient ses mains ployées, et se consume soi-même, en disant: 4:6 Mieux vaut plein le creux de la main, avec repos, que pleines les deux paumes, avec travail et rongement d’esprit. 4:7 Puis je me suis mis à regarder une autre vanité sous le soleil: 4:8 C’est qu’il y a tel qui est seul, et qui n’a point de second, qui aussi n’a ni fils ni frère, et qui cependant ne met nulle fin à son travail; même son oeil ne voit jamais assez de richesses, et il ne dit point en lui-même: Pour qui est-ce que je travaille, et que je prive mon âme du bien? Cela aussi est une vanité, et une fâcheuse occupation. 4:9 Deux valent mieux qu’un: car ils ont un meilleur salaire de leur travail. 4:10 Même si l’un des deux tombe, l’autre relèvera son compagnon: mais malheur à celui qui est seul; parce qu’étant tombé, il n’aura personne pour le relever. 4:11 Si deux aussi couchent ensemble, ils en auront plus de chaleur: mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud? 4:12 Que si quelqu’un force l’un ou l’autre, les deux lui pourront résister; et la corde à trois cordons ne se rompt pas sitôt. 4:13 Un enfant pauvre et sage vaut mieux qu’un Roi vieux et insensé, qui ne sait ce que c’est que d’être averti. 4:14 Car il y a tel qui sort de prison pour régner; et de même il y a tel qui étant né Roi, devient pauvre. 4:15 J’ai vu tous les vivants qui cheminent sous le soleil, suivre le fils qui est la seconde personne après le Roi, et qui doit être en sa place. 4:16 Tout ce peuple-là, savoir tous ceux qui ont été devant ceux-ci, est sans fin: ces derniers aussi ne se réjouiront point de celui-ci: certainement cela aussi est une vanité, et un rongement d’esprit.

ECCLESIASTE 5

5:1 Quand tu entreras dans la maison de Dieu, prends garde à ton pied: et approche-toi pour ouïr, plutôt que pour donner ce que donnent les fous, savoir le sacrifice: car ils ne savent point qu’ils font mal. 5:2 Ne te précipite point à parler, et que ton coeur ne se hâte point de proférer aucune parole devant Dieu: car Dieu est au ciel, et toi sur la terre: c’est pourquoi use de peu de paroles. 5:3 Car comme le songe vient de la multitude des occupations; ainsi la voix des fous sort de la multitude des paroles. 5:4 Quand tu auras voué quelque voeu à Dieu, ne diffère point de l’accomplir; car il ne prend point de plaisir aux fous: accomplis donc ce que tu auras voué. 5:5 Il vaut mieux que tu ne fasses point de voeux, que d’en faire, et ne les accomplir point. 5:6 Ne permets point que ta bouche te fasse pécher, et ne dis point devant le messager de Dieu, que c’est ignorance. Pourquoi se courroucerait l’Éternel à cause de ta parole, et dissiperait-il l’oeuvre de tes mains? 5:7 Car comme dans la multitude des songes il y a des vanités, aussi y en a-t-il beaucoup dans la multitude des paroles: mais crains Dieu. 5:8 Si tu vois dans la Province qu’on fasse tort au pauvre, et que le droit et la justice y soient violés, ne t’étonne point de cela; car un plus haut élevé que ce haut élevé y prend garde, et il y en a de plus haut élevés qu’eux. 5:9 La terre a de l’avantage par-dessus toutes choses: le Roi est asservi au champ. 5:10 Celui qui aime l’argent, n’est point assouvi par l’argent: et celui qui aime un grand train, n’en est pas nourri: cela aussi est une vanité. 5:11 Où il y a beaucoup de bien, là il y a beaucoup de gens qui le mangent: et quel avantage en revient-il à son maître, sinon qu’il le voit de ses yeux? 5:12 Le dormir de celui qui laboure est doux, soit qu’il mange peu, ou beaucoup: mais le rassasiement du riche ne le laisse point dormir. 5:13 Il y a un mal fâcheux que j’ai vu sous le soleil, c’est que des richesses sont conservées à leurs maîtres afin qu’ils en aient du mal. 5:14 Et ces richesses-là périssent par quelque fâcheux accident, de sorte qu’on aura engendré un enfant, et il n’aura rien entre ses mains. 5:15 Et comme il est sorti nu du ventre de sa mère, il s’en retournera nu, s’en allant comme il est venu, et il n’emportera rien de son travail auquel il a employé ses mains: 5:16 Et c’est aussi un mal fâcheux, que comme il est venu, il s’en va de même: et quel avantage a-t-il d’avoir travaillé après du vent? 5:17 Il mange aussi tous les jours de sa vie en ténèbres, et se chagrine beaucoup, et son mal va jusqu’à la fureur. 5:18 Voilà donc ce que j’ai vu, que c’est une chose bonne et agréable à l’homme, de manger et de boire, et de jouir du bien de tout son travail qu’il aura fait sous le soleil, durant les jours de sa vie, lesquels Dieu lui a donnés; car c’est là sa portion. 5:19 Aussi ce que Dieu donne de richesses et de biens à un homme, quel qu’il soit, et dont il le fait maître, pour en manger, et pour en prendre sa part, et pour se réjouir de son travail, c’est là un don de Dieu. 5:20 Car il ne se souviendra pas beaucoup des jours de sa vie, parce que Dieu lui répond par la joie de son coeur.

ECCLESIASTE 6

6:1 Il y a un mal que j’ai vu sous le soleil, et qui est fréquent parmi les hommes: 6:2 C’est qu’il y a tel homme à qui Dieu donne des richesses, des biens, et des honneurs, en sorte qu’il ne manque rien à son âme de tout ce qu’il saurait souhaiter; mais Dieu ne l’en fait pas le maître pour en manger, et un étranger le mangera: cela est une vanité, et un mal fâcheux. 6:3 Quand un homme en aurait engendré cent, et qu’il aurait vécu plusieurs années, en sorte que les jours de ses années se soient fort multipliés, cependant si son âme ne s’est point rassasiée de bien, et même s’il n’a point eu de sépulture, je dis qu’un avorton vaut mieux que lui. 6:4 Car il sera venu en vain, et s’en sera allé dans les ténèbres, et son nom aura été couvert de ténèbres. 6:5 Même en ce qu’il n’aura point vu le soleil, ni rien connu, il aura eu plus de repos que cet homme-là. 6:6 Et s’il vivait deux fois mille ans, et qu’il ne jouit d’aucun bien, tous ne vont-ils pas en un même lieu? 6:7 Tout le travail de l’homme est pour sa bouche, et cependant son désir n’est jamais assouvi. 6:8 Car qu’est-ce que le sage a plus que le fou? ou quel avantage a l’affligé qui sait marcher devant les vivants? 6:9 Mieux vaut ce qu’on voit de ses yeux, que si l’âme vague çà et là: cela aussi est une vanité, et un rongement d’esprit. 6:10 Le nom de ce qui a été, a déjà été nommé; et savait-on ce que devait être l’homme, et qu’il ne pourrait débattre avec celui qui est plus fort que lui? 6:11 Quand on a beaucoup, on n’en a que plus de vanité; et quel avantage en a l’homme? 6:12 Car qui est-ce qui connaît ce qui est bon à l’homme en sa vie, pendant les jours de la vie de sa vanité, lesquels il passe comme une ombre? et qui est-ce qui déclarera à l’homme ce qui sera après lui sous le soleil?

ECCLESIASTE 7

7:1 La renommée vaut mieux que le bon parfum: et le jour de la mort, que le jour de la naissance. 7:2 Il vaut mieux aller dans une maison de deuil, que d’aller dans une maison de festin: car en celle-là est la fin de tout homme, et le vivant met cela en son coeur. 7:3 Il vaut mieux être fâché, que rire: à cause que par la tristesse du visage le coeur devient joyeux. 7:4 Le coeur des sages est dans la maison du deuil: mais le coeur des fous est dans la maison de joie. 7:5 Il vaut mieux ouïr la répréhension du sage, que d’ouïr la chanson des fous. 7:6 Car tel qu’est le bruit des épines sous le chaudron, tel est le ris du fou, cela aussi est une vanité. 7:7 Certainement l’oppression fait perdre le sens au sage: et le don fait perdre l’entendement. 7:8 Mieux vaut la fin d’une chose, que son commencement. Mieux vaut l’homme qui est d’un esprit patient, que l’homme qui est d’un esprit hautain. 7:9 Ne te précipite point dans ton esprit pour te dépiter: car le dépit repose dans le sein des fous. 7:10 Ne dis point: D’où vient que les jours passés ont été meilleurs que ceux-ci? car ce que tu t’enquiers de cela n’est pas de la sagesse. 7:11 La sagesse est bonne avec un héritage, et ceux qui voient le soleil reçoivent de l’avantage d’elle. 7:12 Car on est à couvert à l’ombre de la sagesse, de même qu’à l’ombre de l’argent: mais la science a cet avantage, que la sagesse fait vivre celui qui en est doué. 7:13 Regarde l’oeuvre de Dieu: car qui est-ce qui pourra redresser ce qu’il aura renversé? 7:14 Au jour du bien, use du bien, et au jour de l’adversité, prends-y garde: car Dieu a fait l’un à l’opposite de l’autre, afin que l’homme ne trouve rien à redire après lui. 7:15 J’ai vu tout ceci pendant les jours de ma vanité: il y a tel juste, qui périt dans sa justice; et il y a tel méchant, qui prolonge ses jours dans sa méchanceté. 7:16 Ne sois point trop juste, et ne te fais pas plus sage qu’il ne faut; pourquoi en deviendrais-tu éperdu? 7:17 Ne sois point trop remuant, et ne sois point fou: pourquoi mourrais-tu avant ton temps? 7:18 Il est bon que tu retiennes ceci, et aussi que tu ne retires point ta main de l’autre: car qui craint Dieu sort de tout. 7:19 La sagesse donne plus de force au sage, que dix Gouverneurs qui seraient dans une ville. 7:20 Certainement il n’y a point d’homme juste sur la terre, qui fasse bien, et qui ne pèche point. 7:21 Ne mets point aussi ton coeur à toutes les paroles qu’on dira, afin que tu n’entendes pas ton serviteur médisant de toi. 7:22 Car aussi ton coeur a connu plusieurs fois que tu as pareillement mal parlé des autres. 7:23 J’ai essayé tout ceci avec sagesse, et j’ai dit: J’acquerrai de la sagesse: mais elle s’est éloignée de moi. 7:24 Ce qui a été, est bien loin, et il est enfoncé fort bas: qui le trouvera? 7:25 Moi et mon coeur avons tournoyé, pour savoir, pour épier, et pour chercher la sagesse, et la raison de tout: et pour connaître la malice de la folie, de la bêtise, et des sottises: 7:26 Et j’ai trouvé que la femme qui est comme des rets, et dont le coeur est comme des filets, et dont les mains sont comme des liens, est une chose plus amère que la mort: celui qui est agréable à Dieu en échappera, mais le pécheur y sera pris. 7:27 Vois, dit l’Ecclésiaste, ce que j’ai trouvé en cherchant la raison de toutes choses, l’une après l’autre: 7:28 C’est, que jusqu’à présent mon âme a cherché, mais que je n’ai point trouvé, c’est, dis-je, que j’ai bien trouvé un homme entre mille; mais pas une femme entre elles toutes. 7:29 Seulement voici ce que j’ai trouvé; c’est que Dieu a fait l’homme droit; mais ils ont cherché beaucoup de discours.

ECCLESIASTE 8

8:1 Qui est tel que le sage? et qui sait ce que veulent dire les choses? La sagesse de l’homme fait reluire son visage, et son regard farouche en est changé. 8:2 Prends garde (je te le dis) à la bouche du Roi, et à la parole du jurement de Dieu. 8:3 Ne te précipite point de te retirer de devant sa face: et ne persévère point en une chose mauvaise; car il fera tout ce qu’il lui plaira. 8:4 En quelque lieu qu’est la parole du Roi, là est la puissance: et qui lui dira: Que fais-tu? 8:5 Celui qui garde le commandement, ne sentira aucun mal: et le coeur du sage connaît le temps, et le moyen qu’on doit tenir. 8:6 Car dans toute affaire il y a un temps et un moyen propre pour s’y conduire: autrement mal sur mal tombe sur l’homme. 8:7 Car il ne sait pas ce qui arrivera: et même qui est-ce qui lui déclarera quand ce sera? 8:8 L’homme n’est point le maître de son esprit pour le pouvoir retenir, et il n’a point de puissance sur le jour de la mort: et il n’y a point de délivrance en une telle guerre: et la méchanceté ne délivrera point son maître. 8:9 J’ai vu tout cela, et j’ai appliqué mon coeur à toute oeuvre qui s’est faite sous le soleil. Il y a un temps auquel un homme domine sur l’autre, à son malheur. 8:10 Et alors j’ai vu les méchants ensevelis, et puis retournés; et ceux qui étaient allés et venus du lieu du Saint, et qui avaient bien fait, être mis en oubli dans la ville. Cela aussi est une vanité. 8:11 Parce que la sentence contre les mauvaises oeuvres ne s’exécute point incontinent, à cause de cela le coeur des hommes est plein au-dedans d’eux-mêmes d’envie de mal faire. 8:12 Car le pécheur fait mal cent fois, et Dieu lui donne du délai: mais je connais aussi qu’il sera bien à ceux qui craignent Dieu, et qui révèrent sa face: 8:13 Mais qu’il ne sera pas bien au méchant, et qu’il ne prolongera point ses jours, non plus que l’ombre, parce qu’il ne révère point la face de Dieu. 8:14 Il y a une vanité qui arrive sur la terre, c’est qu’il y a des justes, à qui il arrive selon l’oeuvre des méchants: et il y a aussi des méchants, à qui il arrive selon l’oeuvre des justes: j’ai dit que cela aussi est une vanité. 8:15 C’est pourquoi j’ai prisé la joie, parce qu’il n’y a rien sous le soleil de meilleur à l’homme, que de manger et de boire, et de se réjouir: c’est aussi ce qui lui demeurera de son travail durant les jours de sa vie, que Dieu lui donne sous le soleil. 8:16 Après avoir appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à regarder les occupations qu’il y a sur la terre, (car même ni jour, ni nuit l’homme ne donne point de repos à ses yeux,) 8:17 Après avoir, dis-je, vu toute l’oeuvre de Dieu, et que l’homme ne peut trouver l’oeuvre qui se fait sous le soleil, pour laquelle l’homme se travaille en la cherchant, et il ne la trouve point, et même si le sage se propose de la savoir, il ne la peut trouver.

ECCLESIASTE 9

9:1 Certainement j’ai appliqué mon coeur à tout ceci; et pour éclaircir tout ceci, savoir que les justes et les sages, et leurs faits sont en la main de Dieu: mais les hommes ne connaissent ni l’amour ni la haine de tout ce qui est devant eux. 9:2 Tout arrive également à tous: un même accident arrive au juste et au méchant: au bon, au net, et au souillé: à celui qui sacrifie, et à celui qui ne sacrifie point: le pécheur est comme l’homme de bien; celui qui jure, comme celui qui craint de jurer. 9:3 C’est ici une chose fâcheuse entre toutes celles qui se font sous le soleil, qu’un même accident arrive à tous, et qu’aussi le coeur des hommes est plein de maux, et qu’ils ont les sottises dans leurs coeurs durant leur vie, et après cela ils vont vers les morts. 9:4 Et qui est celui qui leur voudrait être associé? Il y a de l’espérance pour tous ceux qui vivent: et même un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. 9:5 Certainement les vivants savent qu’ils mourront, mais les morts ne savent rien, et ne gagnent plus rien: car leur mémoire est mise en oubli. 9:6 Aussi leur amour, leur haine, leur envie a déjà péri, et ils n’ont plus aucune part au monde dans tout ce qui se fait sous le soleil. 9:7 Va donc, mange ton pain avec joie, et bois gaiement ton vin: car Dieu a déjà tes oeuvres pour agréables. 9:8 Que tes vêtements soient blancs en tout temps, et que le parfum ne défaille point sur ta tête. 9:9 Vis joyeusement tous les jours de la vie de ta vanité avec la femme que tu as aimée, et qui t’a été donnée sous le soleil pour tous les jours de ta vanité: car c’est là ta portion dans cette vie, et ce qui te revient de ton travail que tu fais sous le soleil. 9:10 Tout ce que tu auras moyen de faire, fais-le selon ton pouvoir; car au sépulcre, où tu vas, il n’y a ni oeuvre, ni discours, ni science, ni sagesse. 9:11 Je me suis tourné ailleurs, et j’ai vu sous le soleil que la course n’est point aux légers, ni aux forts la bataille, ni aux sages le pain, ni aux prudents les richesses, ni la grâce aux savants: mais que le temps et l’occurrence en échet à eux tous. 9:12 Car aussi l’homme même ne connaît point son temps, non plus que les poissons qui sont pris au filet, lequel est mauvais pour eux, et les oiseaux qui sont pris au lacet: car les hommes sont ainsi enlacés par le temps mauvais, lorsqu’il tombe subitement sur eux. 9:13 J’ai vu aussi cette sagesse sous le soleil, laquelle m’a semblé grande: 9:14 C’est qu’il y avait une petite ville, et peu de gens dedans, contre laquelle est venu un grand Roi, qui l’a investie, et qui a bâti de grands forts contre elle: 9:15 Mais il s’est trouvé en elle un homme pauvre, et sage, qui l’a délivrée par sa sagesse; mais nul n’a eu mémoire de cet homme-là. 9:16 Alors j’ai dit: La sagesse vaut mieux que la force, et cependant la sagesse de ce pauvre a été méprisée, et on n’entend point parler de lui. 9:17 Les paroles des sages doivent être écoutées plus paisiblement, que le cri de celui qui domine entre les fous. 9:18 Mieux vaut la sagesse que tous les instruments de guerre; et un seul homme pécheur détruit un grand bien.

ECCLESIASTE 10

10:1 Les mouches mortes font puer et bouillonner les parfums du parfumeur; et un peu de folie fait le même à l’égard de celui qui est estimé pour sa sagesse, et pour sa gloire. 10:2 Le sage a le coeur à sa droite, mais le fou a le coeur à sa gauche. 10:3 Et même quand le fou se met en chemin, le sens lui manque: et il dit de chacun: Il est fou. 10:4 Si l’esprit de celui qui domine s’élève contre toi, ne sors point de ta condition: car la douceur fait quitter de grandes fautes. 10:5 Il y a un mal que j’ai vu sous le soleil, comme une erreur qui procède du Prince: 10:6 C’est que la folie est mise aux plus hauts lieux, et que les riches sont assis en un lieu bas. 10:7 J’ai vu les serviteurs à cheval, et les Seigneurs aller à pied, comme des serviteurs. 10:8 Celui qui creuse la fosse, y tombera: et celui qui coupe la haie, le serpent le mordra. 10:9 Celui qui remue des pierres hors de leur place, en sera blessé: et celui qui fend du bois, en sera en danger. 10:10 Si le fer est rébouché, et qu’on n’en ait point fourbi la lame, il surmontera même la force: mais la sagesse est une adresse excellente. 10:11 Si le serpent mord, n’étant point enchanté, le médisant ne vaut pas mieux. 10:12 Les paroles de la bouche du sage ne sont que grâce: mais les lèvres du fou le réduisent à néant. 10:13 Le commencement des paroles de sa bouche est une folie: et les dernières paroles de sa bouche sont une mauvaise sottise. 10:14 Or le fou entasse beaucoup de paroles: et toutefois l’homme ne sait point ce qui arrivera: et qui est-ce qui lui déclarera ce qui sera après lui? 10:15 Le travail des fous ne fait que les fatiguer, et pas un d’eux ne sait trouver le chemin pour arriver à la ville. 10:16 Malheur à toi, terre, quand ton Roi est jeune, et quand tes Gouverneurs mangent dès le matin! 10:17 Que tu es heureuse, ô terre, quand ton Roi est de race illustre, et que tes Gouverneurs mangent quand il en est temps, pour leur réfection, et non par débauche! 10:18 À cause des mains paresseuses le plancher s’affaisse, et à cause des mains lâches, la maison a des gouttières. 10:19 On apprête la viande pour se réjouir, et le vin réjouit les vivants: mais l’argent répond de tout. 10:20 Ne dis point mal du Roi, non pas même dans ta pensée: ne dis point aussi mal du riche dans la chambre de ta couche; car les oiseaux des cieux en porteraient la voix, et ce qui vole en porterait les nouvelles.

ECCLESIASTE 11

11:1 Jette ton pain à vau-l’eau: car avec le temps tu le trouveras. 11:2 Fais-en part à sept, et même à huit: car tu ne sais point quel mal viendra sur la terre. 11:3 Si les nuées sont pleines, elles répandront la pluie sur la terre: et si un arbre tombe vers le Midi, ou vers le Septentrion, au lieu auquel il sera tombé, il demeurera. 11:4 Celui qui prend garde au vent, ne sèmera point: et celui qui regarde les nuées, ne moissonnera point. 11:5 Comme tu ne sais point quel est le chemin du vent, ni comment se forment les os dans le ventre de celle qui est enceinte: ainsi tu ne sais pas l’oeuvre de Dieu, et comment il fait tout. 11:6 Sème ta semence dès le matin, et ne laisse pas reposer tes mains le soir: car tu ne sais point lequel sera le meilleur, ceci ou cela; et si tous deux seront pareillement bons. 11:7 Il est vrai que la lumière est douce, et qu’il est agréable aux yeux de voir le soleil: 11:8 Mais si l’homme vit beaucoup d’années, et qu’il se réjouisse tout le long de ces années-là, et qu’ensuite il lui souvienne des jours de ténèbres, lesquels seront en grand nombre, tout ce qui lui sera arrivé, sera une vanité.

ECCLESIASTE 12

12:1 Jeune homme, réjouis-toi en ton jeune âge, et que ton coeur te rende gai aux jours de ta jeunesse, et marche comme ton coeur te mène, et selon le regard de tes yeux: mais sache que pour toutes ces choses Dieu t’amènera en jugement. 12:2 Ôte le chagrin de ton coeur, et éloigne de toi le mal: car le jeune âge et l’adolescence ne sont que vanité. 12:3 Mais souviens-toi de ton Créateur aux jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais viennent, et avant que les années arrivent desquelles tu dises: Je n’y prends point de plaisir. 12:4 Avant que le soleil, la lumière, la lune, et les étoiles s’obscurcissent, et que les nuées viennent l’une sur l’autre après la pluie. 12:5 Lorsque les gardes de la maison trembleront, et que les hommes forts se courberont, et que celles qui meulent cesseront, parce qu’elles auront été diminuées; et quand celles qui regardent par les fenêtres, seront obscurcies. 12:6 Et quand les deux battants de la porte seront fermés vers la rue, avec abaissement du son de la meule: quand on se lèvera à la voix de l’oiseau, et que toutes les chanteuses seront abaissées. 12:7 Quand aussi l’on craindra ce qui est haut, et qu’on tremblera en allant: quand l’amandier fleurira, et quand les cigales se rendront pesantes; et que l’appétit s’en ira, (car l’homme s’en va dans la maison où il demeurera à toujours,) et quand on fera le tour par les rues, en menant deuil. 12:8 Avant que le câble d’argent se déchaîne, que le vase d’or se débonde, que la cruche se brise sur la fontaine, que la roue se rompe sur la citerne; 12:9 Et avant que la poudre retourne en la terre, comme elle y avait été, et que l’esprit retourne à Dieu, qui l’a donné. 12:10 Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, tout est vanité. 12:11 Plus l’Ecclésiaste a été sage, plus il a enseigné la science au peuple: il a fait entendre, il a recherché et mis en ordre plusieurs graves sentences. 12:12 L’Ecclésiaste a cherché pour trouver des propos de contentement: mais ce qui en a été écrit ici, est la droiture même: ce sont des paroles de vérité. 12:13 Les paroles des sages sont comme des aiguillons; et les maîtres qui en ont fait des recueils, sont comme des clous fichés, et ces choses ont été données par un Pasteur. 12:14 Mon fils garde-toi de ce qui est outre ceci; car il n’y a point de fin à faire plusieurs Livres, et tant d’étude n’est que travail qu’on se donne. 12:15 Le but de tout le propos qui a été ouï, c’est: Crains Dieu, et garde ses commandements: car c’est là le tout de l’homme. 12:16 Parce que Dieu amènera toute oeuvre en jugement, touchant tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.
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Le PRÉDICATEUR connu sous le nom de L’ECCLÉSIASTE

ECCLESIASTE 1

1 Les paroles du Prédicateur, fils de David, roi à Jérusalem.

2 Vanité des vanités, dit le Prédicateur ; vanité des vanités ! Tout est vanité.

3 Quel profit a l’homme de tout son labeur dont il se tourmente sous le soleil ?

4 Une génération s’en va, et une génération vient ; et la terre subsiste toujours.
5 Et le soleil se lève, et le soleil se couche, et il se hâte vers son lieu où il se lève,
6 Le vent va vers le midi, et il tourne vers le nord ; il tourne et retourne ; et le vent revient sur ses circuits.
7 Toutes les rivières vont vers la mer, et la mer n’est pas remplie ; au lieu où les rivières allaient, là elles vont de nouveau.
8 Toutes choses travaillent, l’homme ne peut le dire ; l’œil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se satisfait pas d’entendre.
9 Ce qui a été, c’est ce qui sera ; et ce qui a été fait, c’est ce qui se fera ; et il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
10 Y a-t-il une chose dont on puisse dire : Regarde ceci, c’est nouveau ? — Elle a été déjà, dans les siècles qui furent avant nous.
11 Il n’y a pas de souvenir des choses qui ont précédé ; et de même, de celles qui seront après, il n’y en aura pas de souvenir chez ceux qui vivront* plus tard.
— v. 11 : litt.: seront.

12 Moi, le prédicateur, j’ai été roi sur Israël à Jérusalem,
13 et j’ai appliqué mon cœur à rechercher et à explorer par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux : c’est une occupation ingrate que Dieu a donnée aux fils des hommes afin qu’ils s’y fatiguent.
14 J’ai vu tous les travaux qui se font sous le soleil ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent*.
15 Ce qui est tordu ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut être compté.
— v. 14 : ou : se repaître de vent, ou, selon quelques-uns : rongement d’esprit.

16 J’ai parlé en mon cœur, disant : Voici, je suis devenu grand et j’ai acquis de la sagesse plus que tous ceux qui ont été avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de connaissance ;
17 et j’ai appliqué mon cœur à la connaissance de la sagesse et à la connaissance des choses déraisonnables et de la folie. J’ai connu que cela aussi, c’est la poursuite du vent.
18 Car à beaucoup de sagesse, beaucoup de chagrin ; et qui augmente la connaissance, augmente la douleur.

ECCLESIASTE 2

1 J’ai dit en mon cœur : Allons ! je t’éprouverai par la joie : jouis* donc du bien-être. Et voici, cela aussi est vanité.
2 J’ai dit au rire : [Tu es] déraison ; et à la joie : Que fait-elle ?
3 J’ai recherché* en mon cœur de traiter ma chair avec du vin, tout en conduisant mon cœur par la sagesse, et de saisir la folie, jusqu’à ce que je visse quel serait, pour les fils des hommes, ce bien qu’ils feraient sous les cieux tous les** jours de leur vie.
— v. 1 : litt.: vois, ici et verset 24, etc. — v. 3* : ailleurs aussi : exploré. — v. 3** : litt.: le nombre des, ici et 5:18 ; 6:12.

4 J’ai fait de grandes choses : je me suis bâti des maisons, je me suis planté des vignes ;
5 je me suis fait des jardins et des parcs, et j’y ai planté des arbres à fruit de toute espèce ;
6 je me suis fait des réservoirs d’eau pour en arroser la forêt où poussent les arbres*.
7 J’ai acquis des serviteurs et des servantes, et j’en ai eu qui sont nés dans ma maison ; j’ai eu aussi des troupeaux de gros et de menu bétail, en grand nombre, plus que tous ceux qui ont été avant moi à Jérusalem.
8 Je me suis aussi amassé de l’argent et de l’or, et les trésors des rois et des provinces ; je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses, et les délices des fils des hommes, une femme et des concubines.
9 Et je suis devenu grand et je me suis accru plus que tous ceux qui ont été avant moi à Jérusalem ; et pourtant ma sagesse est demeurée avec moi.
10 Et quoi que mes yeux aient désiré, je ne les en ai point privés ; je n’ai refusé à mon cœur aucune joie, car mon cœur s’est réjoui de tout mon travail, et c’est là la part que j’ai eue de tout mon travail.
11 Et je me suis tourné vers toutes les œuvres que mes mains avaient faites, et vers tout le travail dont je m’étais travaillé pour [les] faire ; et voici, tout était vanité et poursuite du vent, et il n’y en avait aucun profit sous le soleil.
— v. 6 : litt.: qui pousse en arbres.

12 Et je me suis tourné pour voir la sagesse, et les choses déraisonnables et la folie ; car que fera l’homme qui viendra après le roi ? — ce qui a été déjà fait.
13 Et j’ai vu que la sagesse a un avantage sur la folie, comme la lumière a un avantage sur les ténèbres.
14 Le sage a ses yeux à sa tête, et le fou* marche dans les ténèbres ; mais j’ai connu, moi aussi, qu’un même sort les atteint tous.
15 Et j’ai dit en mon cœur : Le sort du fou* m’atteint, moi aussi ; et pourquoi alors ai-je été si sage ? Et j’ai dit en mon cœur que cela aussi est vanité.
16 Car jamais on ne se souviendra du sage, non plus que du fou*, puisque déjà dans les jours qui viennent tout est oublié. Et comment le sage meurt-il comme le fou* ?
17 Et j’ai haï la vie, parce que l’œuvre qui se fait sous le soleil m’a été à charge, car tout est vanité et poursuite du vent.
18 Et j’ai haï tout le travail auquel j’ai travaillé sous le soleil, parce que je dois le laisser à l’homme qui sera après moi.
19 Et qui sait s’il sera un sage ou un sot* ? Et il sera maître de tout mon travail auquel j’ai travaillé et dans lequel j’ai été sage sous le soleil. Cela aussi est vanité.
— v. 14, 15, 16 : ailleurs : sot. — v. 19 : comme 10:3.

20 Alors je me suis mis* à faire désespérer mon cœur à l’égard de tout le travail dont je me suis travaillé sous le soleil.
21 Car il y a tel homme qui a travaillé avec sagesse, et avec connaissance, et avec droiture*, et qui laisse [ce qu’il a acquis] à un homme qui n’y a pas travaillé, pour être son partage. Cela aussi est vanité et un grand mal.
— v. 20 : litt.: tourné. — v. 21 : ou : habileté.

22 Car qu’est-ce que l’homme a de tout son travail, et de la poursuite de son cœur, dont il s’est tourmenté sous le soleil ?
23 Car tous ses jours sont douleur, et son occupation est chagrin ; même la nuit son cœur ne repose pas. Cela aussi est vanité.

24 Il n’y a rien de bon pour l’homme que de manger et de boire, et de faire jouir son âme du bien-être dans son travail. Et j’ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu.
25 Car qui peut manger, et qui peut jouir plus que moi ?
26 Car à l’homme qui est bon devant lui, [Dieu] donne sagesse et connaissance et joie ; mais à celui qui pèche, il donne l’occupation de rassembler et d’amasser, pour donner à celui qui est bon devant Dieu. Cela aussi est vanité et poursuite du vent.

ECCLESIASTE 3

1 Il y a une saison pour tout, et il y a un temps pour toute affaire sous les cieux.
2 Il y a un temps de naître, et un temps de mourir ; un temps de planter, et un temps d’arracher ce qui est planté ;
3 un temps de tuer, et un temps de guérir ; un temps de démolir, et un temps de bâtir ;
4 un temps de pleurer, et un temps de rire ; un temps de se lamenter, et un temps de sauter de joie ;
5 un temps de jeter des pierres, et un temps d’amasser des pierres ; un temps d’embrasser, et un temps de s’éloigner des embrassements ;
6 un temps de chercher, et un temps de perdre ; un temps de garder, et un temps de jeter ;
7 un temps de déchirer, et un temps de coudre ; un temps de se taire, et un temps de parler ;
8 un temps d’aimer, et un temps de haïr ; un temps de guerre, et un temps de paix.

9 Celui qui agit, quel profit a-t-il de ce à quoi il travaille* ?
10 J’ai vu l’occupation que Dieu a donnée aux fils des hommes pour s’y fatiguer :
11 il a fait toute chose belle en son temps ; et il a mis le monde dans leur cœur, de sorte que l’homme ne peut comprendre*, depuis le commencement jusqu’à la fin, l’œuvre que Dieu a faite.
— v. 9 : ou : du [labeur] dont il se tourmente ? — v. 11 : litt.: trouver.

12 J’ai connu qu’il n’y a rien de bon pour eux, sauf de se réjouir et de se faire du bien pendant leur vie ;
13 et aussi que tout homme mange et boive, et qu’il jouisse* du bien-être dans tout son travail : cela, c’est un don de Dieu.
14 J’ai connu que tout ce que Dieu fait subsiste à toujours ; il n’y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher ; et Dieu le fait, afin que, devant lui, on craigne.
15 Ce qui est a déjà été, et ce qui est à venir est déjà arrivé, et Dieu ramène ce qui est passé*.
— v. 13 : litt.: voie. — v. 15 : litt.: recherche ce qui est chassé.

16 Et j’ai encore vu sous le soleil que, dans le lieu du jugement, là il y avait la méchanceté, et que, dans le lieu de la justice, là il y avait la méchanceté.
17 J’ai dit en mon cœur : Dieu jugera le juste et le méchant ; car il y a là un temps* pour toute affaire et pour toute œuvre.
— v. 17 : plusieurs lisent : car il a assigné un temps.

18 J’ai dit en mon cœur : Quant aux fils des hommes [il en est ainsi], pour que Dieu les éprouve, et qu’ils voient eux-mêmes qu’ils ne sont que des bêtes.
19 Car ce qui arrive aux fils des hommes est aussi ce qui arrive aux bêtes ; il y a pour tous un même sort : comme celle-ci meurt, ainsi meurt celui-là ; et ils ont tous un même souffle*, et l’homme n’a point d’avantage sur la bête, car tout est vanité.
20 Tout va dans un même lieu, tout est de poussière, et tout retourne à la poussière.
21 Qui est-ce qui connaît l’esprit* des fils des hommes ? Celui-ci monte-t-il en haut, et l’esprit* de la bête descend-il en bas dans la terre ?
22 Et j’ai vu qu’il n’y a rien de mieux [que ceci] : que l’homme se réjouisse dans ce qu’il fait, car c’est là sa part ; car qui l’amènera pour voir ce qui sera après lui ?
— v. 19, 21 : souffle et esprit sont un même mot en hébreu.

ECCLESIASTE 4

1 Et je me suis tourné, et j’ai regardé toutes les oppressions qui se font sous le soleil ; et voici les larmes des opprimés, et il n’y a point pour eux de consolateur ! Et la force est dans la main de leurs oppresseurs, et il n’y a point pour eux de consolateur !
2 C’est pourquoi j’estime heureux les morts qui sont déjà morts, plutôt que les vivants qui sont encore vivants,
3 et plus heureux encore que tous les deux celui qui n’a pas encore été, qui n’a pas vu le mauvais travail qui se fait sous le soleil.

4 Et j’ai vu tout le labeur et toute l’habileté dans le travail : que c’est une jalousie de l’un contre l’autre. Cela aussi est vanité et poursuite du vent.

5 Le sot se croise les mains, et mange sa propre chair.

6 Mieux vaut le creux de la main rempli, et le repos, que les deux mains pleines, avec le travail et la poursuite du vent.

7 Et je me tournai, et je vis la vanité sous le soleil :
8 tel est seul sans qu’il y ait de second : il n’a pas non plus de fils ni de frère, et il n’y a pas de fin à tout son labeur ; son œil n’est pas non plus rassasié par la richesse, et [il ne se dit pas] : Pour qui donc est-ce que je me tourmente et que je prive mon âme de bonheur ? Cela aussi est une vanité et une ingrate occupation.

9 Deux valent mieux qu’un ; car ils ont un bon salaire de leur travail.
10 Car, s’ils tombent, l’un relèvera son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul, et qui tombe, et qui n’a pas de second pour le relever !
11 De même, si l’on couche à deux, on a de la chaleur ; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ?
12 Et si quelqu’un a le dessus sur un seul, les deux lui tiendront tête ; et la corde triple ne se rompt pas vite.

13 Mieux vaut un jeune garçon pauvre et sage, qu’un roi vieux et sot qui ne sait plus être averti.
14 Car il est sorti de la maison des prisonniers pour régner, lors même qu’il est né pauvre dans son royaume.

15 J’ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil, avec le jeune garçon, le second, qui occupera sa place.
16 Il n’y a pas de fin à tout le peuple, à tous ceux qui ont été devant eux ; cependant ceux qui viendront après ne se réjouiront point en lui. Car cela aussi est vanité et poursuite du vent.

ECCLESIASTE 5

1 Prends garde à ton pied, quand tu vas dans la maison de Dieu, et approche-toi pour entendre, plutôt que pour donner le sacrifice des sots ; car ils ne savent pas qu’ils font mal.

2 Ne te presse point de ta bouche, et que ton cœur ne se hâte point de proférer une parole devant Dieu ; car Dieu est dans les cieux, et toi sur la terre : c’est pourquoi, que tes paroles soient peu nombreuses.
3 Car le songe vient de beaucoup d’occupations, et la voix du sot de beaucoup de paroles.

4 Quand tu auras voué un vœu à Dieu, ne tarde point à l’acquitter ; car il ne prend pas plaisir aux sots : ce que tu auras voué, accomplis-le.
5 Mieux vaut que tu ne fasses point de vœu, que d’en faire un et de ne pas l’accomplir.
6 Ne permets pas à ta bouche de faire pécher ta chair, et ne dis point devant l’ange que c’est une erreur. Pourquoi Dieu se courroucerait-il à ta voix, et détruirait-il l’œuvre de tes mains ?
7 Car dans la multitude des songes il y a des vanités, et aussi dans beaucoup de paroles ; mais crains Dieu.

8 Si tu vois le pauvre opprimé et le droit et la justice violentés dans une province, ne t’étonne pas de cela ; car il y en a un qui est haut au-dessus des hauts, [et] qui y prend garde et il y en a de plus hauts qu’eux.
9 La terre est profitable à tous égards, le roi même est asservi à la glèbe*.
10 Celui qui aime l’argent n’est point rassasié par l’argent, et celui qui aime les richesses ne l’est pas par le revenu. Cela aussi est vanité.
11 Avec l’augmentation des biens, ceux qui les mangent augmentent aussi ; et quel profit en a le maître, sauf qu’il les voit de ses yeux ?
12 Le sommeil est doux pour celui qui travaille, qu’il mange peu ou beaucoup ; mais le rassasiement du riche ne le laisse pas dormir.
— v. 9 : d’autres : Mais l’avantage d’un pays, à tous égards, c’est un roi adonné à la culture des champs.

13 Il y a un mal douloureux que j’ai vu sous le soleil : les richesses sont conservées à leurs maîtres pour leur détriment,
14 — ou ces richesses périssent par quelque circonstance malheureuse, et il a engendré un fils, et il n’a rien en sa main.
15 Comme il est sorti du ventre de sa mère, il s’en retournera nu, s’en allant comme il est venu, et de son travail il n’emportera rien qu’il puisse prendre dans sa main.
16 Et cela aussi est un mal douloureux, que, tout comme il est venu, ainsi il s’en va ; et quel profit a-t-il d’avoir travaillé pour le vent ?
17 Il mange aussi tous les jours de sa vie dans les ténèbres et se chagrine beaucoup, et est malade et irrité.

18 Voici ce que j’ai vu de bon et de beau : c’est de manger et de boire et de jouir* du bien-être dans tout le travail dont [l’homme] se tourmente sous le soleil tous les jours de sa vie, que Dieu lui a donnés ; car c’est là sa part.
19 Et encore tout homme auquel Dieu donne de la richesse et des biens, et le pouvoir* d’en manger et d’en prendre sa part, et de se réjouir en son travail,… c’est là un don de Dieu ;
20 car il ne se souviendra pas beaucoup des jours de sa vie ; car Dieu lui a donné une réponse dans la joie de son cœur.
— v. 18 : litt.: voir. — v. 19 : litt.: et qu’il a fait maître.

ECCLESIASTE 6

1 Il y a un mal que j’ai vu sous le soleil, et qui est fréquent* parmi les hommes :
2 il y a tel homme à qui Dieu donne de la richesse, et des biens, et de l’honneur, et il ne manque rien à son âme de tout ce qu’il désire ; et Dieu ne lui a pas donné le pouvoir d’en manger, car un étranger s’en repaît. Cela est une vanité et un mal douloureux.
3 Si un homme engendre cent [fils], et qu’il vive beaucoup d’années, et que les jours de ses années soient en grand nombre, et que son âme ne soit pas rassasiée de bien, et aussi qu’il n’ait pas de sépulture, je dis que mieux vaut un avorton que lui ;
4 car celui-ci vient dans la vanité, et il s’en va dans les ténèbres, et son nom est couvert de ténèbres ;
5 et aussi il n’a pas vu et n’a pas connu le soleil : celui-ci a plus de repos que celui-là.
6 Et s’il vivait deux fois mille ans, il n’aura pas vu la bonheur : tous* ne vont-ils pas en un même lieu ?
— v. 1 : ou : grand. — v. 6 : ou : et qu’il ne vit pas le bonheur, — tous… ?

7 Tout le travail de l’homme est pour sa bouche, et cependant son désir n’est pas satisfait*.
8 Car quel avantage le sage a-t-il sur le sot ? Quel [avantage] a l’affligé qui sait marcher devant les vivants ?
9 Mieux vaut la vue des yeux que le mouvement du désir. Cela aussi est vanité et poursuite du vent.
10 Ce qui existe a déjà été appelé de son nom ; et on sait ce qu’est l’homme, et qu’il ne peut contester avec celui qui est plus fort que lui.
11 Car il y a beaucoup de choses qui multiplient la vanité : quel avantage en a l’homme ?
12 Car qui sait ce qui est bon pour l’homme dans la vie, tous les jours de la vie de sa vanité, qu’il passe comme une ombre ? Et qui déclarera à l’homme ce qui sera après lui sous le soleil ?
— v. 7 : litt.: son âme n’est pas remplie.

ECCLESIASTE 7

1 Mieux vaut une bonne renommée que le bon parfum*, et le jour de la mort que le jour de la naissance.
2 Mieux vaut aller dans la maison de deuil, que d’aller dans la maison de festin, en ce que là est la fin de tout homme ; et le vivant prend cela à cœur.
3 Mieux vaut le chagrin que le rire, car le cœur est rendu meilleur par la tristesse du visage.
4 Le cœur des sages est dans la maison de deuil, mais le cœur des sots, dans la maison de joie.
5 Mieux vaut écouter la répréhension du sage, que d’écouter la chanson des sots.
6 Car comme le bruit des épines sous la marmite, ainsi est le rire du sot. Cela aussi est vanité.
— v. 1 : ou : bonne huile parfumée.

7 Certainement, l’oppression rend insensé le sage, et le don ruine le cœur.
8 Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement. Mieux vaut un esprit patient qu’un esprit hautain.
9 Ne te hâte pas en ton esprit pour t’irriter, car l’irritation* repose dans le sein des sots.
— v. 9 : ailleurs : chagrin.

10 Ne dis pas : Comment se fait-il que les jours précédents ont été meilleurs que ceux-ci ? car ce n’est pas par sagesse que tu t’enquiers de cela.
11 La sagesse est aussi bonne qu’un* héritage, et profitable pour ceux qui voient le soleil ;
12 car on est à l’ombre de la sagesse [comme] à l’ombre de l’argent, mais l’avantage de la connaissance, [c’est que] la sagesse fait vivre celui qui la possède.
— v. 11 : ou : est bonne avec un.

13 Considère l’œuvre de Dieu, car qui peut redresser ce qu’il a tordu ?
14 Au jour du bien-être, jouis du* bien-être, et, au jour de l’adversité, prends garde ; car Dieu a placé l’un vis-à-vis de l’autre, afin que l’homme ne trouve rien [de ce qui sera] après lui.
— v. 14 : litt.: sois dans le.

15 J’ai vu tout [cela] dans les jours de ma vanité : il y a tel juste qui périt par* sa justice, et il y a tel méchant qui prolonge [ses jours] par* son iniquité.
— v. 15 : ou : dans.

16 Ne sois pas juste à l’excès, et ne fais pas le sage outre mesure ; pourquoi te détruirais-tu ?
17 Ne sois pas méchant à l’excès, et ne sois pas insensé ; pourquoi mourrais-tu avant ton temps ? —
18 Il est bon que tu saisisses ceci et que tu ne retires point ta main de cela ; car qui craint Dieu sort de tout.

19 La sagesse fortifie le sage plus que dix hommes puissants qui sont dans la ville.

20 Certes, il n’y a pas d’homme juste sur la terre qui ait fait le bien et qui n’ait pas péché.
21 Aussi ne mets pas ton cœur à toutes les paroles qu’on dit, afin que tu n’entendes pas ton serviteur te maudissant.
22 Car aussi ton cœur sait que bien des fois, toi aussi, tu as maudit les autres.
23 J’ai éprouvé tout cela par la sagesse ; j’ai dit : Je serai sage ; mais elle était loin de moi.
24 Ce qui a été est loin et très-profond, qui le trouvera ?

25 Je me suis mis, moi et mon cœur, à connaître et à explorer et à rechercher la sagesse et l’intelligence, et à connaître que la méchanceté est sottise, et la folie, déraison* ;
26 et j’ai trouvé plus amère que la mort la femme dont le cœur est [comme] des filets et des rets, [et] dont les mains sont des chaînes : celui qui est agréable à Dieu lui échappera, mais celui qui pèche sera pris par elle.
27 Regarde ceci que j’ai trouvé, dit le prédicateur, [en examinant les choses] une à une pour en trouver la raison,
28 ce que mon âme cherche encore et que je n’ai pas trouvé : j’ai trouvé un homme entre mille, mais une femme entre elles toutes, je ne l’ai pas trouvée.
29 Seulement, voici, j’ai trouvé que Dieu a fait l’homme droit ; mais eux, ils ont cherché beaucoup de raisonnements.
— v. 25 : ou : la méchanceté de la sottise et la folie de la déraison.

ECCLESIASTE 8

1 Qui est comme le sage ? et qui sait l’explication des choses ? La sagesse d’un homme illumine son visage, et l’arrogance de son visage en est changée.

2 Je [dis] : Prends garde au commandement* du roi, et cela à cause du serment [fait] à Dieu.
3 Ne te presse pas de t’en aller de devant lui ; ne persévère point dans une chose mauvaise ; car tout ce qu’il lui plaît, il le fait ;
4 parce que la parole du roi est une puissance, et qui lui dira : Que fais-tu ?
— v. 2 : litt.: à la bouche

5 Celui qui garde le commandement ne connaîtra aucun mal ; et le cœur du sage connaît le temps et le jugement ;
6 car pour toute chose il y a un temps et un jugement.
7 Car la misère de l’homme abonde sur lui ; car il ne sait pas ce qui adviendra ; car comment cela arrivera, qui le lui déclarera ?

8 Il n’y a point d’homme qui ait pouvoir sur l’esprit pour emprisonner l’esprit, et il n’y a personne qui ait de la puissance sur le jour de la mort, et il n’y a point de dispense dans une telle guerre, et la méchanceté ne délivrera pas ceux qui la pratiquent.
9 J’ai vu tout cela, et j’ai appliqué mon cœur à toute œuvre qui se fait sous le soleil. Il est un temps où des hommes dominent sur des hommes pour leur mal.
10 Et de même j’ai vu des méchants enterrés et s’en allant, mais ceux qui avaient bien fait s’en allaient du lieu saint, et étaient oubliés dans la ville. Cela aussi est vanité.

11 Parce que la sentence contre les mauvaises œuvres ne s’exécute pas immédiatement, à cause de cela le cœur des fils des hommes est au dedans d’eux plein [d’envie] de faire le mal.
12 Bien que le pécheur fasse le mal cent fois et prolonge [ses jours], je sais cependant que [tout] ira bien pour ceux qui craignent Dieu, parce qu’ils craignent sa face ;
13 mais il n’y aura pas de bonheur pour le méchant, et il ne prolongera pas [ses] jours, comme l’ombre, parce qu’il ne craint pas la face de Dieu.
14 Il est encore une vanité qui a lieu sur la terre : c’est qu’il y a des justes auxquels il arrive selon l’œuvre des méchants, et il y a des méchants auxquels il arrive selon l’œuvre des justes. J’ai dit que cela aussi est vanité.

15 Et j’ai loué la joie, parce qu’il n’y a rien de bon pour l’homme, sous le soleil, que de manger et de boire et de se réjouir ; et c’est ce qui lui demeurera de son travail durant les jours de sa vie que Dieu lui donne sous le soleil.
16 Lorsque j’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse et à regarder les choses qui se font sur la terre (car il y a tel homme qui, ni jour ni nuit, ne voit le sommeil de ses yeux),
17 alors j’ai vu que tout [est] l’œuvre de Dieu, [et] que* l’homme ne peut pas trouver l’œuvre qui se fait sous le soleil : bien que l’homme se travaille pour la chercher, il ne la trouve point ; et même si le sage se propose de la connaître, il ne peut la trouver.
— v. 17 : litt.: et j’ai vu toute l’œuvre de Dieu, que.

ECCLESIASTE 9

1 Car j’ai appliqué mon cœur à tout cela, et pour examiner tout cela, [savoir] que les justes et les sages, et leurs travaux, sont dans la main de Dieu : l’homme ne connaît ni l’amour ni la haine. Tout est devant eux.
2 Tout arrive également à tous : un même événement au juste et au méchant, au bon et au pur, et à l’impur, à celui qui sacrifie et à celui qui ne sacrifie pas ; comme l’homme de bien, ainsi le pécheur ; celui qui jure, comme celui qui craint le serment.
3 C’est un mal dans tout ce qui se fait sous le soleil, qu’un même événement arrive à tous ; et aussi le cœur des fils des hommes est plein de mal, et la folie est dans leur cœur pendant qu’ils vivent ; et après cela [ils vont] vers les morts.
4 Car pour celui qui est lié à tous les vivants il y a de l’espoir, car un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort.
5 Car les vivants savent qu’ils mourront ; mais les morts ne savent rien du tout ; et il n’y a plus pour eux de salaire, car leur mémoire est oubliée.
6 Leur amour aussi, et leur haine, et leur envie, ont déjà péri, et ils n’ont plus de part, à jamais, dans tout ce qui se fait sous le soleil.

7 Va, mange ton pain avec joie, et bois ton vin d’un cœur heureux ; car Dieu a déjà tes œuvres pour agréables.
8 Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l’huile ne manque pas sur ta tête.
9 Jouis de* la vie avec la femme que tu aimes, tous les jours de la vie de ta vanité, qui** t’a été donnée sous le soleil, tous les jours de ta vanité ; car c’est là ta part dans la vie et dans ton travail auquel tu as travaillé sous le soleil.
10 Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le selon ton pouvoir ; car il n’y a ni œuvre, ni combinaison, ni connaissance, ni sagesse, dans le shéol, où tu vas.
— v. 9* : litt.: Vois ; comparer 2:1, etc. — v. 9** : c’est-à-dire la vie ; d’autres rapportent le qui à femme.

11 Je me suis tourné, et j’ai vu sous le soleil que la course n’est point aux agiles, ni la bataille aux hommes forts, ni le pain aux sages, ni les richesses aux intelligents, ni la faveur à ceux qui ont de la connaissance ; car le temps et les circonstances les atteignent tous.
12 Car aussi l’homme ne connaît pas son temps, comme les poissons qui sont pris dans le filet de malheur, et comme les oiseaux qui sont pris dans le piège : comme eux, les fils des hommes sont enlacés dans un temps mauvais, lorsqu’il tombe sur eux subitement.

13 J’ai vu aussi cette sagesse sous le soleil, et elle a été grande pour moi :
14 il y avait une petite ville, et peu d’hommes dedans ; et un grand roi vint contre elle, et l’investit, et bâtit contre elle de grandes terrasses ;
15 or il s’y trouva un homme pauvre [et] sage, qui délivra la ville par sa sagesse ; mais personne ne se souvint de cet homme pauvre.
16 Et j’ai dit : Mieux vaut la sagesse que la force ; mais la sagesse du pauvre est méprisée, et ses paroles ne sont pas écoutées.
17 Les paroles des sages sont écoutées dans la tranquillité, plus que le cri de celui qui gouverne parmi les sots.
18 Mieux vaut la sagesse, que les instruments de guerre, et un seul pécheur détruit beaucoup de bien.

PROVERBES 10

1 Les mouches mortes font sentir mauvais, elles font fermenter l’huile du parfumeur ; [ainsi fait] un peu de folie, [à l’égard de] celui qui est estimé pour sa sagesse et sa gloire*.
— v. 1 : ou : un peu de folie a plus de poids que sagesse et gloire.

2 Le cœur du sage est à sa droite, et le cœur du sot, à sa gauche ;
3 et même, quand l’insensé marche dans le chemin, le sens lui manque, et il dit à chacun qu’il est un insensé.

4 Si l’esprit du gouverneur s’élève contre toi, ne quitte pas ta place ; car la douceur apaise de grands péchés.

5 Il est un mal que j’ai vu sous le soleil, comme une erreur provenant du gouverneur :
6 le manque de sens est placé dans de hautes dignités, et les riches sont assis dans une position basse.
7 J’ai vu des serviteurs sur des chevaux, et des princes marchant sur la terre comme des serviteurs.

8 Qui creuse une fosse y tombe ; et qui renverse une clôture, un serpent le mord.
9 Qui remue des pierres en sera meurtri ; qui fend du bois se met en danger.

10 Si le fer est émoussé, et que [celui qui l’emploie] n’en aiguise pas le tranchant, il aura des efforts à faire ; mais la sagesse est profitable pour amener le succès.

11 Si le serpent mord parce qu’il n’y a pas de charme, celui qui a une langue ne vaut pas mieux.

12 Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grâce, mais les lèvres d’un sot l’engloutissent.
13 Le commencement des paroles de sa bouche est folie, et la fin de son discours* est un mauvais égarement.
14 Et l’insensé multiplie les paroles : l’homme ne sait pas ce qui arrivera ; et ce qui sera après lui, qui le lui déclarera ?
15 Le travail des sots les lasse, parce qu’ils ne savent pas aller à la ville.
— v. 13 : litt.: de sa bouche.

16 Malheur à toi, terre qui as pour roi un jeune garçon, et dont les princes mangent dès le matin !
17 Bienheureuse toi, terre qui as pour roi le fils des nobles, et dont les princes mangent au temps convenable, pour [réparer] leurs forces, et non pour le [plaisir de] boire !

18 À cause de la paresse, la charpente s’affaisse ; et à cause des mains lâches, la maison a des gouttières.

19 On fait un repas pour s’égayer, et le vin rend la vie joyeuse ; mais l’argent répond à tout.

20 Ne maudis pas le roi, même dans ta pensée, et ne maudis pas le riche dans la chambre où tu couches, car l’oiseau des cieux en emporterait la voix, et ce qui a des ailes en divulguerait les paroles.

PROVERBES 11

1 Jette ton pain sur la face des eaux, car tu le trouveras après bien des jours.
2 Donne une portion à sept, et même à huit ; car tu ne sais pas quel mal arrivera sur la terre.
3 Si les nuées sont pleines, elles verseront la pluie sur la terre ; et si un arbre tombe, vers le midi ou vers le nord, à l’endroit où l’arbre sera tombé, là il sera.

4 Celui qui observe le vent ne sèmera pas ; et celui qui regarde les nuées ne moissonnera pas.
5 Comme tu ne sais point quel est le chemin de l’esprit, [ni] comment [se forment] les os dans le ventre de celle qui est enceinte, ainsi tu ne connais pas l’œuvre de Dieu qui fait tout.
6 Le matin, sème ta semence, et, le soir, ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais pas ce qui réussira, ceci ou cela, ou si tous les deux seront également bons.

7 La lumière est douce, et il est agréable pour les yeux de voir le soleil ;
8 mais si un homme vit beaucoup d’années, [et] se réjouit en toutes, qu’il se souvienne aussi des jours de ténèbres, car ils sont en grand nombre : tout ce qui arrive est vanité.
9 Réjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse, et que ton cœur te rende heureux aux jours de ton adolescence, et marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux ; mais sache que, pour toutes ces choses, Dieu t’amènera en jugement.
10 Ôte de ton cœur le chagrin, et fais passer le mal loin de ta chair ; car le jeune âge et l’aurore sont vanité.

PROVERBES 12

1 Et souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que soient venus les jours mauvais, et avant qu’arrivent les années dont tu diras : Je n’y prends point de plaisir ;
2 avant que s’obscurcissent le soleil, et la lumière, et la lune, et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie ;
3 au jour où tremblent les gardiens de la maison, et où se courbent les hommes forts, et où chôment celles qui moulent, parce qu’elles sont en petit nombre, et où ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis,
4 et où les deux battants de la porte se ferment sur la rue ; quand baisse le bruit de la meule, et qu’on se lève à la voix de l’oiseau, et que toutes les filles du chant faiblissent ;
5 quand aussi on craint ce qui est haut, et qu’on a peur sur le chemin, et quand l’amandier fleurit*, et que la sauterelle devient pesante, et que la câpre est sans effet** ; (car l’homme s’en va dans sa demeure des siècles, et ceux qui mènent deuil parcourent les rues 😉
6 — avant que le câble d’argent se détache, que le vase d’or se rompe, que le seau se brise à la source, et que la roue se casse à la citerne ;
7 et que la poussière retourne à la terre, comme elle y avait été, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné.
— v. 5* : ou : l’amande est méprisée. — v. 5** : ou : le désir est anéanti.

8 Vanité des vanités, dit le prédicateur ; tout est vanité !

9 Et de plus, parce que le prédicateur était sage, il a encore enseigné la connaissance au peuple ; et il a pesé et sondé, [et] mis en ordre beaucoup de proverbes.
10 Le prédicateur s’est étudié à trouver des paroles agréables ; et ce qui a été écrit est droit, des paroles de vérité.

11 Les paroles des sages sont comme des aiguillons, et les recueils*, comme des clous enfoncés : ils sont donnés par un seul pasteur.
12 Et de plus, mon fils, laisse-toi instruire par eux : à faire beaucoup de livres, il n’y a point de fin, et beaucoup d’étude lasse la chair.
— v. 11 : selon quelques-uns : ceux qui rassemblent.

13 Écoutons la fin de tout ce qui a été dit : Crains Dieu, et garde ses commandements ; car c’est là le tout de l’homme,
14 car Dieu amènera toute œuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.